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Hardcore Maternity, au bord de la crise de mère

Du retard depuis la parution pour ce titre et on le regrette. C’est la couverture qui fait tilt avec cet album au dessin moderne, flamboyant dans le style de celui inauguré par la très regrettée Chantal De Spiegeleer. Courbes, finesse, profils, attitudes, couleurs évidemment sont dans Hardcore Maternity le support d’une succession de récits, de témoignages sur ce qu’est être mère seule à la quarantaine. Pas une sinécure pour quatre amies à New-York au bord de la crise de nerfs, de mère. Marga Castano et Esther de La Rosa sont espagnoles, tombés enceinte au même moment sans savoir ce qu’était la maternité. On les rassure, c’est le cas de toutes les femmes au premier enfant même si leur mère a sans succès essayé de leur expliquer. La base de ce petit bijou à la fois tendre, parfois dur, émouvant se passe à New-York et les lectrices pourront sans soucis s’identifier à elles. Les pères aussi, enfin un peu.

Passer du statut d’épouse-mère à celui de femme-mère c’est comme se casser la figure dans l’escalier. Tenter de se rattraper à la rampe et avoir du mal. Il était une fois la femme-mère c’est l’épisode 1. 15 ans de mariage et un jour merci d’être venue, surtout à New-York. Seule, larguée avec enfant en prime, mais en fait un cas parmi d’autres. Donc des copines possibles avec qui vivre sa maternité. Sauf que une mère-célibataire pour celles qui n’ont pas de progéniture c’est comme un dinosaure. Qui se ressemblent s’assemblent ? On se dit des trucs de mamans ? Les tuer les sans enfants ? Non qu’elles tombent enceintes, bien fait. Il y a l’Ipad, Itunes mais quand ils veulent aller au parc les mioches, il faut suivre même après une soirée Tequila Paf. Faire un voeu pour sa prochaine vie : millionnaire ? Non, stérile.

Un combat, mon fils (ou ma fille), ma bataille. Des pages à dessin uniques qu’on accrocherait bien au mur. Qui parlent, illustrent qu’à 40 ans on se cherche mais on adore sa vie et ses enfants. Vive les baby-sitters, mort à Bambi ce trouble-fête, les couches, un mec. 25 épisodes dans cet album où il y a aussi de l’humour, de la dérision, un vrai réalisme du quotidien malgré les doutes existentiels. Sur le fil entre être mère et femme. Quatre copines dans la lignée de Desperate Housewives, étape un. On a vraiment aimé et une fois encore adoré le dessin, le graphisme. Un tout ironique et plein de vie.

Hardcore Maternity, 168 pages, Steinkis, 18 €

 

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