Dieu n’a pas réponse à tout T3, mais il est enfin revenu

On aura attendu, allez, plus de dix ans pour que Dieu revienne. Ce qui finalement n’est pas très long en comparaison avec d’autres attentes. 2007, 2008, Dieu n’avait déjà pas réponse à tout et on avait rencontré avec plaisir Nicolas Barral et Tonino Benacquista pour la sortie de ces petits bonheurs paradisiaques d’humour et de tendresse. Des leçons de vie, quatre en tout cette fois où Dieu, aimable barbu taquin mais lucide (enfin au moins là), demande à l’une des ses brebis célèbres qui logent désormais chez Saint-Pierre d’aller refaire un tour sur Terre pour redonner le moral à un gentil ou pas mais paumé qui part en vrille. Attention, Dieu est Dieu, certes mais Benacquista serait-il son complice, son âme pas damnée mais presque ? Quant à Barral son coup de crayon n’est pas magique, il est divin bien sûr. Quand au père éternel il semble savoir se faire aider.

Un capitaine d’industrie qui se la joue grave et un petit bonhomme chétif, Gandhi père de la non violence, voilà un beau duo que Dieu a constitué. Et qui va aller méditer sur un atoll. Quelles sont les priorités d’une vie ? Bonne question et des réponses à trouve soi-même. Michel Audiard, et oui, va parler des cons et il en connait un rayon. Pour la route : à quoi reconnait-on un con et un voleur ? De temps en temps le voleur se repose. Bon, on passe car il ne faut pas trop ne dire sur ces sketches peaufinés, ciselés, concis et pétillants. Joli clap de fin signé Audiard. On glisse sur Hugo, oui Victor et Jean Valjean, et la Callas héroïne de la plus émouvante de ces angéliques drôles d’histoire.

Dieu a bien fait de revenir, il nous manquait. Des joies simples, du sourire sans larmes, de l’optimisme pas béat, Barral et Benacquista ont pris du plaisir pour nous en donner. Ils ont réussi. A lire, relire, avec de superbes crayonnés qui concluent chaque histoire, alléluia. inspirées par le Seigneur. Et le prochain c’est pour quand ? Faudrait pas trop lambiner.

Dieu n’a pas réponse à tout, Tome 3 (mais il sait déléguer), Dargaud, 16 €

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