L’Amour est une haine comme les autres, à la vie à la mort

Un coin paumé du sud des États-Unis dans les années trente, le racisme ordinaire mais mortel pour un Blanc capable de tuer un Noir comme un chien, Louis et Marty racontent pourtant une de ces histoires qui permettent d’espérer encore dans l’humanité. L’Amour est une haine comme les autres a deux gamins pour héros. Ils deviendront des hommes qui iront au-delà de leurs différences, envers et contre tout même si, des deux côtés, blanc ou noir, il y a pratiquement autant de rejet et d’incompréhension. Une saga subtile et émouvante.

L'Amour est une haine comme les autresWill est blanc, fils d’un riche propriétaire du Sud en Louisiane. On est en 1930. Son meilleur ami est noir, Abelard, un gosse doué qui vit avec sa mère. Un jour Will sauve la vie d’Abelard qu’il surnomme l’escargot. Dès lors c’est à la vie à la mort entre les deux gamins. Abelard va aider Will intellectuellement mais personne ne devra jamais le savoir. Les parents de Will sont des extrémistes racistes. Comme dans un certain sens la mère d’Abélard qui hait les Blancs. Au fil des années rien n’entame la complicité des deux garçons mais ils doivent jouer la comédie du maître et de l’esclave. Ils vont connaître avec deux filles leurs premiers émois. Un jour Will est poussé par ses parents dans les bras de la belle Gwendoline. Martyrisé par sa mère qui a découvert son secret avec Abélard, Will se marie avec le jeune femme ce qui va semer le trouble entre les deux amis. Jusqu’où ?

La violence, le mépris, la perversité sont toujours latents dans cette lente montée en puissance d’un drame annoncé dont il faut garder, bien sûr, ce qui en fait les rebondissements au fil du récit. Le tout est écrit avec beaucoup d’intelligence, sans excès inutile. La triste réalité se suffit à elle-même et les deux personnages ont le courage de l’amitié vraie capable de surmonter le pire. Une belle leçon à méditer et à faire lire dans un monde qui n’a toujours pas renié ses errances mortelles. Stéphane Louis et Lionel Marty au dessin ont fait cause commune avec complicité et brio.

L’Amour est une haine comme les autres, Grand Angle, 16,90 €