Major Burns, des enquêteurs qui adorent déraper

Le plus improbable duo de détectives privés qu’ait connu la BD, on le retrouve dans les Étranges Enquêtes du Major Burns. Dans un Londres par contre toujours aussi fantomatique pendant le règne de l’immortelle Victoria, Burns et le docteur Wayne ont un sens très à eux de la bavure, du criminel à éliminer d’office, de l’humour à cent balles et du flegme à trois sous britannique. Deux gros minables prétentieux qui ont séduit leur créateur Devig (Bertin Timbert) par leur redoutable inefficacité et un ton non sens appuyé. Encore que parfois il y a de la chance pour la canaille. Si la ligne est claire, la morale ne l’est pas pour ces deux émules de Holmes, Watson, Poirot, Septimus, Blanc-Sec pour le momies, Blake, Mortimer, Frankenstein Junior et on en oublie sûrement. Du lourd qui fait du bien.

Les Étranges enquêtes du Major Burns

Le major Burns et son camarade mais néanmoins médecin Wayne sont des agents très spéciaux du Yard, Scotland bien sur. A leur charge les cas les plus troublants, difficiles comme cette espionne française sur le bac qui part de Douvres. Une redoutable qui va les doubler, Kraken en prime. Pas d’états d’âme pour Burns avec ce meurtre au zoo. Un loup garou coupable à tête de cul ? Non, trop drôle. Et puis il y a les monstres, les entités maléfiques, les ectoplasmes, les envoutées, Jekyll, rien ne leur est épargné. Même des fantômes dans le métro tout neuf. Des fantômes au train, savoureux. Libidineux Wayne mais Burns le sauvera.

Les Étranges enquêtes du Major Burns

Une alternance d’histoires courtes et de gags en quatre cases, le tout complètement décalé, déjanté mais sous des aspects très sérieux, noirs à souhaits qui tiennent merveilleusement la case. Les dialogues sont à la hauteur, dédaigneux, fignolés dans des ambiances où Christopher Lee pourrait bien être de la fête. On croque la vie avec Burns, au sens propre et mortel du terme. Devig a un talent cruel en diable que Philippe Geluck a mis en relief dans sa préface. Burns c’est simple et de mauvais goût, ce qui est un art difficile.

Les Étranges enquêtes du Major Burns, Fluide Glacial, 14,90 €

Les Étranges enquêtes du Major Burns