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Au revoir là-haut, De Metter adapte le Goncourt de Lemaitre

Pierre Lemaitre a signé quelques-uns des meilleurs et plus incroyables polars du début du XXIe siècle. Sa trilogie Verhoeven, nom de son héros flic de petite taille, est unique, bouleversante et sans égal. Et puis voila qu’il écrit Au-revoir là-haut et obtient le Goncourt 2013. Lemaitre donne tout son sens au roman, haut en couleur, picaresque, sculpte ses mots, en fait des délices que l’on dégustent en souhaitant que jamais ils ne cessent de noircir les pages. Dire qu’on a aimé Au revoir là-haut est un euphémisme. Christian De Metter l’a adapté en BD avec Pierre Lemaitre. Un évènement à étudier de près car d’exception.

Un bref retour sur l’histoire. La guerre finit mal pour deux Poilus, Maillard et Péricourt. Surtout pour ce dernier qui, en l’espace d’un éclat d’obus alors qu’il sauve son copain, devient une gueule cassée, la mâchoire enlevée. Et leur lieutenant, Pradelle, de les abandonner avant de les faire accuser de désertion. Péricourt découvre avec horreur ce qu’il est défiguré et souffre le martyre. Maillard ne va plus quitter son ami devenu accro à la morphine et même changer son identité afin qu’il n’ait pas à retourner dans sa famille. Édouard Péricourt est mort, sauf qu’un mort c’est un cadavre dans un cercueil que l’on enterre, une tombe devant laquelle une fiancée veut s’incliner. Mal joué pour Maillard car en prime le méchant lieutenant Pradelle est au courant. Enfin bon, une tombe à cette époque ce n’est pas ce qui manque. D’autant que pour honorer les morts pour la France on va construire des monuments, créer des cimetières. Il y a de l’argent à faire, facile. Péricourt va avoir une idée et Maillard va suivre pour tenter de se refaire une vie ailleurs.

C’est presque dommage d’en dire autant. Au revoir Là-haut est un tout qui se mérite, ligne après ligne. Pierre Lemaitre a bâti une intrigue folle et si vivante. Polar pas loin, manipulations, salaud, amour, tendresse, espoir, désespoir, les héros de Pierre Lemaitre sont des gens ordinaires confrontés comme on dit à des situations extraordinaires dont la guerre de 14 est la plus incontournable. Ils perdent leur âme sauf Péricourt.

Alors fallait-il adapter Au revoir là-haut en BD ? Christian De Metter dont on ne dira jamais assez le talent (il faut lire Dallas, une journée particulière ou Rouge comme la neige) a mis en scène le roman dans un panorama d’images qui percutent, bourrées d’émotion, donnent un visage aux personnages. Une synthèse cependant, inévitable,ce qui n’enlève rien au travail de De Metter et à son œuvre mais réduit son potentiel affectif. N’en déplaise à Philippe Torreton qui signe la préface. Un souhait, que cet album encore une fois étonnant donne envie de lire le livre de Lemaître, authentique explosion littéraire.

Au revoir là-haut, Rue de Sèvres, 22,50 €

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