Rouge comme la neige, De Metter signe un western shakespearien

Un western par De Metter, un polar avec un enlèvement d’enfant, des héros hors normes, Rouge comme la neige (Casterman) a signé un roman noir bien balancé. Son dessin en noir et blanc sous aplat est sublime.

Rouge comme la neige Fin du XIXe siècle au Colorado, on est encore au temps de l’Ouest sauvage. Madame Mac Kinley apprend qu’un homme soupçonné d’enlèvements d’enfants, Buck MacFly, a été arrêté. Sa fille Abby a disparu six ans plus tôt. MacFly, l’accusé qui va être jugé, pourra peut-être apporter des réponses à son angoisse et à ses espoirs. Avec son fils Sean, Madame Mac Kinley part à la ville et rencontre en prison MacFly qui lui montre un médaillon avec le portrait d’Abby. Donnant, donnant, MacFly ne lui en dira pas plus à moins que Madame Mac Kinley ne l’aide à s’évade. Ce qu’elle accepte de faire en emmenant aussi l’adjoint du shérif, Bobby. Dès lors c’est à celui ou à celle qui sera plus malin, le plus manipulateur. A leurs trousses un peloton de rangers. Mais MacFly est plus dangereux qu’un serpent à sonnette. Il finit par se livrer peu à peu sur son passé et surtout sur sa rencontre avec le mari de Madame Mac Kinley tué à la suite d’une partie de poker à l’incroyable enjeu.

Rouge comme la neige

C’est à une vraie enquête qui ne cesse de monter en puissance, de dévoiler des ramifications insoupçonnées, des coups de théâtre. Le drame en devient une tragédie où chaque protagoniste se retrouve impliqué, où la réalité s’impose avec rudesse. Un bouquin bien écrit, bien dessiné, shakespearien, par le futur adaptateur en BD du Prix Goncourt Au Revoir là haut de Pierre Lemaitre.

Rouge comme la neige, Casterman, 18 €