Les Compagnons de la Libération, Philippe Kieffer et ses commandos du Jour J

De Gaulle appelle les Français Libres à la résistance en juin 1940 et à poursuivre le combat. Ils seront peu nombreux au départ mais pour distinguer les meilleurs d’entre-eux, bien souvent des anonymes qui ont dit non à la défaite, De Gaulle crée l’ordre de la Libération. Les titulaires seront ses Compagnons. Après Messmer, Leclerc, Romain Gary, Jean Moulin, Philippe Kieffer rejoint les Compagnons de la Libération dans la collection ouverte chez Grand Angle, un album scénarisé par Jean-Yves Le Naour, historien de talent dont on se souvient du Charles De Gaulle ou de La Faute au midi, un de ses premiers titres sur la guerre de 14. Philippe Kieffer sera le chef de ces commandos français, 177 au total, qui débarqueront à l’aube du 6 juin 1944 sur les plages normandes. Dans la nuit du 5 au 6 juin, d’autres Français, les parachutistes SAS de la France Libre sauteront sur la Bretagne pour armer le résistance et fixer les troupes allemandes pour qu’elles ne remontent pas sur la Normandie. Il faut aussi s’en souvenir.

Philippe Kieffer

Sur le tournage du Jour le plus long de Zanuck en 1962, Philippe Kieffer affaibli par la maladie assiste à la reconstitution de ce qu’il était censé avoir fait, vécu le Jour J. Mais le cinéma prend des libertés évidentes avec la réalité. Kieffer est désabusé. Qui se souvient encore des commandos français qui avant d’en arriver à débarquer les premiers ont eu à subir un entrainement d’enfer ? En juin 1940, Kieffer n’est plus un jeune homme, c’est un banquier. Il rejoint De Gaulle à Londres comme simple marin, retrouve sa fiancée à Portsmouth et est affecté comme interprète sur le Courbet des FNFL. Et il s’ennuie. même si il devient papa. En 1941 dans un film d’actualité au cinéma il découvre les commandos britanniques, une nouveauté créée par les Anglais. A 42 ans, il propose de former des commandos marine de la France Libre. Une condition, il va falloir qu’il fasse lui-même le stage d’entrainement et de sélection avec les Anglais qui ne lui passeront rien. Mais Kieffer s’accroche et obtient son béret vert, coiffure caractéristique des Commandos.

La suite c’est la chasse aux volontaires, les épreuves physiques, la souffrance pour survivre au combat, les inquiétudes de Kieffer pour son fils resté en France et résistant. Il y aura aussi Pas de chance, un commando tatoué sur le front qui deviendra un des meilleurs éléments et puis le débarquement à Ouistreham sur Sword Beach, les blessures, la croix de Compagnon. Ils étaient 177 au Commando Kieffer et après guerre d’une grande discrétion. Ils ont été comme tous les Français Libres, l’honneur de la France. L’album de Le Naour avec Frédéric Blier (La Parole du muet) au dessin déjà du Leclerc, leur rend un hommage sincère et plus que mérité afin de ne pas les oublier. Un cahier documentaire en fin d’album (c’est la cas pour tous les titres) a été réalisé par le musée de l’Ordre de la Libération.

Les Compagnons de la Libération, Philippe Kieffer, Grand Angle, 14,50 €