Les Compagnons de la Libération, Romain Gary le romantique

Il a été un personnage des plus atypiques et des plus prestigieux pour bien des raisons. Pilote de guerre qui rejoint De Gaulle, et c’est ce que l’on redécouvre dans cet album qui lui est consacré dans la Collection Les Compagnons de la Libération, diplomate, auteur intuitif, superbe, Prix Goncourt deux fois dont une sous le pseudonyme d’Émile Ajar, compagnon de Jean Seberg qui se suicidera comme lui, Romain Gary était un romantique exacerbé, un homme de convictions et de courage. Son destin est enviable, son génie ne l’est pas moins, ni sa classe innée sans oublier des failles psychologiques dont certaines sont déjà présentes face à sa mère que l’on décèle dans le très bon album de Claude Plumail et Catherine Valenti. Sortie le 26 août.

Les Compagnons de la Libération

En 1940, Kacew est dans l’armée de l’Air. Sa mère qui le couve lui rend visite. En juin la France capitule et celui qui bientôt prendra le nom de Romain Gary veut continuer le combat. Il part comme observateur sur un avion direction l’Afrique du Nord mais au Maroc on est fidèle à Pétain. Il veut avec d’autres rejoindre l’Angleterre et De Gaulle qu’il admire. D’origine polonaise, Gary embarque sur un cargo, apprend l’attaque sur la flotte française à Mers el Kébir. Enfin à Glasgow en juillet 40 (ce qui est précoce pour un FFL) il commence sa formation de pilote mais part pour l’Afrique en octobre. Il vole et se crashe. Il écrit un spectacle pour une visite de De Gaulle qui apprécie mollement. Il va être dans un premier temps l’homme des victoires manquées, est malade. Enfin de Damas en 1942 les affaires sérieuses vont commencer, ses aventures en ciel de guerre aussi même si son côté chat noir le poursuit.

Romain Gary

C’est dans les bombardiers légers qu’il va accomplir ses exploits de guerre avec un courage à toute épreuve. Il reçoit la Croix de la Libération en novembre 44. De Gaulle la lui remettra. Sa mère ne sera pas là pour le voir. Cette Croix qui se place avant la Légion d’honneur n’a été attribué qu’à 1038 femmes et hommes, 18 unités militaires, 5 communes. L’ordre sera dissous à la mort du dernier Compagnon. Pour avoir eu l’honneur d’en rencontrer certains, de tout bord connus ou pas, c’est leur humilité, leur modestie, leur abnégation qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Gary en est l’un des plus beaux exemples.

Les Compagnons de la Libération, Tome 4, Romain Gary, Grand Angle, 15,50 €

Romain Gary