Quand on vous le disait que le western avait retrouvé sa vitesse de croisière en BD. On en a parlé à Quai des Bulles avec Ralph Meyer et preuve en est que cette fois, avec La Vallée des oubliées, c’est Alain Henriet au dessin et mise en scène qui s’y colle (Dents d’ours, Black squaw) avec Pierre Dubois (Texas Jack, Sykes) au scénario, Usagi aux couleurs. Une fresque qui s’inscrit tout à fait dans les marques actuelles, un long-métrage qui flirte avec aussi quelques séries ou films. On sait la passion d’Henriet pour le cinéma. Le trait d’Henriet est comme d’habitude clair, ferme, on pense parfois à Leo. Un très belle qualité des décors et des ambiances très recherchées.
Un cavalier solitaire qui débarque dans un patelin, entre au saloon. Un type, Hart qui joue au poker le reconnait. C’est Clark le foireux qui a abandonné leur bande dirigée par Quantrill, tueur apparu après la guerre de Sécession. Hart n’a plus supporté les tueries et veut régler ses comptes. Vengeance pour vengeance, Clark se fait descendre par Hart. Ses copains déguerpissent car ils viennent de piller la banque. Hart quitte la ville pendant qu’une troupe suit les outlaws. Hart sait comment ses anciens complices viennent à bout de leurs suiveurs. Massacre garanti. Direction Falls River et la bande s’est séparée en trois. Un incendie qu’ils ont allumé fait rage et ils ont tué la famille indienne d’un homme qu’il soigne au bord des flammes. Shee-Ke-Ah s’en sort, lui offre son couteau qui sera son sauf-conduit si un jour il a besoin de lui. Hart part à cheval mais une balle le frappe et il tombe près d’une rivière. Une jeune fille Dorothy, venue chercher de l’eau le ramène dans une vallée, dans un fort où il n’y a que des femmes.
La Ladies’s Valley c’est Godless, la série panachée avec un peu de Johnny Guitar. Ma Joe dirige le fort, les éclaireurs de Quantrill tuent femmes et enfants, on comprend pourquoi Hart les a quittés. Ce qui lui coûtera cher. Cohabitation difficile dans la Ladies’s Valley mais Dorothy grandira. Un trappeur sympa mais sans états d’âme, une amourette qui passait par là pas très nette, un côté Fort Alamo avec fusillade grand format, Pierre Dubois a bien mené son récit sans temps morts et rebondissements garantis. Et la cavalerie dans tout ça ? Pas celle que l’on croit. Parfait et on suit Hart avec grand intérêt sous le dessin de très haut vol de Henriet.
La Vallée des oubliées, 148 pages, Le Lombard Signé, 24,95 €
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