Sykes, un western pur et dur de Dubois et Armand

Difficile dans un genre comme le western d’innover. Mais, après tout, rien ne vaut une recette classique bien menée avec ses héros et ses ambiances. Pierre Dubois est plutôt un conteur de légendes et de fées. Cette fois il revient à une intrigue pure et dure avec des gunfighters qui ont un petit air des frères Earp et un jeune garçon que n’aurait pas renié Hermann dans Sans Pardon. De l’efficace avec des personnages charismatiques au destin prévisible, Dimitri Armand est aux crayons et a signé aussi le retour de Bob Morane, avec réalisme et ampleur de trait.

Sykes Sentence Sykes est un chasseur de primes sans état d’âme. Son Colt fait la loi et applique sa sentence d’où son surnom. Il est à la poursuite d’une bande de tueurs du Révérend qui dans leur fuite violent et assassinent la mère du jeune Jim. Avec Sykes, il y a son vieux compagnon de route, tireur d’élite, O’Maley, pas très regardant sur la légitime défense. Sykes et lui partent sur les traces de la bande du Révérend accompagné par un pisteur indien, Renard Gris. Mais Jim les suit et les accompagne malgré eux. Le Révérend et sa bande laisse une piste sanglante avant d’affronter Sykes, dont les fantômes se sont réveillés, et O’Maley dans un dernier duel.

Tous les codes sont au rendez-vous de ce western au ton désabusé qui montre clairement à la fois l’enchainement de la violence et déjà la fin d’une époque. On pense aussi en particulier pour le dessin à L’Étoile du désert, ce qui est un compliment. Sykes est le héros perdu par excellence qui ne saura pas prendre sa retraite, symbole d’un monde dépassé, qui mourra avec l’Ouest sauvage. Dubois a écrit un scénario bien argumenté, carré et sans pitié. Un western plus proche de la Horde Sauvage que de Rio Bravo.

Sykes, Le Lombard, 16,40 €

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