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Un Escalier de sable, et une piste sans fin

Adapté de son propre roman par Benjamin Legrand, L’Escalier de sable est un récit qui rejoint l’intrigue de films comme American Sniper ou de livres de photos Piste sans fin, Guerre morte. On pense aussi à Full Metal Jacket de Kubrick. On n’est pas dans un simple scénario d’aventures militaires ou de guerre avec des héros stéréotypés. Legrand dépasse ce stade et y ajoute une part d’humanité qui va expliquer, mettre en exergue les faits qui peu à peu montent en puissance pour former une dramaturgie implacable. Le dessin de Djillali Defali à la fois moderne et réaliste sous les couleurs fortes de Cyril Vincent est très efficace, prenant. 

Un patelin paumé, sans eau dont l’oued est asséché, dans un futur très proche ou même aujourd’hui sur la frontière libano-syrienne. Des troupes françaises, dans le cadre d’une mission OTAN, sont en protection mais sans vrai pouvoir offensif d’ouvriers allemands qui reconstruisent un pont appuyés par des Italiens. Sammy a son meilleur ami abattu par un sniper sous ses yeux. Le colonel Rivelain qui commande interdit la riposte souhaitée par le lieutenant Devarrieux, une jeune femme. Permission pour Sammy, le lieutenant et un capitaine accompagnés par le colonel dans le seul bar du village tenu par une Anglaise, Nicola. Sammy traumatisé devient le chauffeur du colonel quand se présente à eux sut la terrasse un vieillard et un jeune garçon. Le vieil homme, un sage, qualifie sa vie d’escalier de sable. Pendant une intervention le tireur d’une voiture blindée est abattu par le sniper dont la chasse s’organise menée par Devarrieux qui adopte un chat qu’elle appelle Only You. Le sniper continue son œuvre de mort et souvent une curieuse musique retentit. Sammy par hasard croise la piste du tireur mais il part en mission vers ce qui pourrait être une retenue d’eau importante.

En fait Legrand mélange à la fois les genres et les motivations. La mort, les croyances, les destins, la vengeance, ou l’impuissance d’une poignée de soldats face à des pouvoirs qui les dépassent. Des pions dont la foi va jusqu’à donner leur vie sans vraiment savoir pourquoi. On est avec cet Escalier de sable dans une mythologie connue au moins de ceux qui en ont lu la littérature. Bien fait, sans surprise cependant.

Un Escalier de sable, Le Lombard, 14,99 €

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