Le sujet est explosif mais Clarke sait manipuler les matières qui ont tendance à être instables. Avec Les Danois il va au bout d’un récit à la fois fantastique et réaliste pas tant que ça SF. Pourquoi des bébés de parents issus de l’immigration naissent blonds aux yeux bleus ? De quoi révolutionner tous les acquis politiques, culturels et humains d’une société mondiale qui deviendrait uniforme au moins sur le physique car pour le religieux cela pourrait être une autre histoire. En fait, Clarke revient indirectement sur le but avoué de l’Allemagne nazie de n’avoir que de purs aryens dans le Reich. Ils avaient créés des centres de procréation, les lebensborn, où avec des parents sélectionnés mais pas en couple on faisait naître des orphelins blonds aux yeux bleus. C’est vrai qu’avec Clarke on est de nos jours, dans un environnement très différent, celui de la différence face à des enfants qui ne ressemblent pas à leur géniteurs. Avec tout ce que cela va provoquer et en plus par un hasard mal maîtrisé aux conséquences finales pas banales.
Virus, vaccin foireux, manipulations, laboratoires prêts à tout, retrouver les premiers cas, frontières qui se ferment, quel est le chainon manquant ? Clarke a signé un thriller génétique dans lequel l’absence de différence devient coupable. Et quand en plus le hasard ajoute une couche, le dérapage devient incontrôlé. Apprenti sorcier et immigrés qui veulent rentrer chez eux pour échapper au virus. Plus personne ne sera reconnaissable. Un sacré scénario où les extrêmes redonnent de la voix. On est pris aux tripes. La fin est surprenante, un peu idéalisée mais un album qui s’impose sans difficultés.
Les Danois, Le Lombard, 17,95 €
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