Depuis Réalités et Mondes obliques, Clarke nous embarquait dans des courts voyages angoissants. Il y revient avec Rencontres obliques, autres histoires en quelques pages, parfois scénarisées par Vehlmann, Zidrou, Cauvin, Safieddine, De Jongh, Dugomier, Foerster, Toussaint ou Andréas. Du beau monde, et un Clarke au mieux de sa forme avec un trait aussi noir que ses héros. Il ratisse large, du polar à l’horreur, au fantastique. Ses mondes, et ceux de ses scénaristes, n’aiment pas vraiment les vivants et préfèrent les morts en puissance. Frissons subtils, ou terreur froide, Clarke pousse les feux de ses angoisses et nous les communique.
Un petit régal ces Rencontres obliques, qui flirtent parfois avec le surréalisme à la Bunuel. On est désorienté, séduit, étonné. Des scènes de vie extraordinaires que Clarke et ses comparses mettent en musique façon Te Deum, pas d’humour. Car on meurt pas mal avec eux. On se fait découper pour le plaisir, on se rebelle, on se prend un bilboquet sur le crâne. La mort imparable mais le souvenir qui persiste de soi chez les autres, Clarke s’interroge. Cauchemars, fantasmes, peurs, tout y passe et on suit le mouvement avec un plaisir inavouable sur un dessin toujours aussi fort.
Rencontres obliques, Le Lombard, 16,45 €
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