Kariba, le Zambèze sous pression

Un conte qui s’inscrit dans une réalité africaine, une jeune fille qui semble avoir d’étranges pouvoirs, un barrage qui va détruire l’écosystème du Zambèze, avec Kariba, Daniel et James Clarke ont donné vie à un très conséquent album, ou roman graphique au choix, qui a beaucoup de charme. Daniel Clarke est sud-africain. Kariba ne se détache pas d’une réalité historique locale tout en étant une œuvre de fiction à très grand spectacle pleine d’humanisme pour défendre la nature encore une fois victime de la folie des hommes.

Tongai et Rock ont trouvé le royaume caché sous les chutes du Zambèze. Ils cherchent un trésor et trouve un bébé. A onze ans, Siku adore son papa, Tongai. Elle est une nageuse émérite qui connait bien le fleuve. Elle sauve un étranger qui se noyait et qui semble poursuivi par un éléphant furieux. Par la force de la pensée, Siku l’arrête avec une vague énorme. Ses pouvoirs sont bien réels et Siku a vu un village sous l’eau alors que la construction d’un barrage se prépare. Tongai part consulter une sorcière qui lui demande de lui livrer Siku qu’il a adoptée. Tongai part à la ville en demandant à Siku de ne pas se laisser submerger par le pouvoir qu’elle a en elle. Lui va aller affronter sur le barrage de Kariba une entité maléfique qui va se révéler plus forte que tout.

Kariba

Il y a la réalité du barrage, des enjeux aussi bien financiers que moraux, humains, des personnages chaleureux ou aventureux comme Rock au petit côté African Queen, et surtout le duo Siku, Amedeo. A la recherche du père perdu, cette quête est magique, avec de très belles images de paysages sud-africains. Des pirates pas méchants, des magouilleurs en tout genre, la déesse du fleuve va-t-elle se laisser faire ? D’où vient le pouvoir de Siku ? On se laisse embarquer sur les flots tempétueux du Zambèze pour un voyage unique à la rencontre des cultures locales mises à mal. Un joli dessin et un côté Jules Verne sympathique.

Kariba, Glénat, 19,95 €