Hôtel Particulier, une suicidée au pays des merveilles

Hôtel Particulier De Guillaume Sorel on avait retenu le fascinant Algernon Woodcock et Les Derniers jours de Stefan Zweig. Entre autres. Cette fois il nous offre une balade singulière dans un Hôtel Particulier où la mort est au rendez-vous. Une jeune femme se suicide et désormais hante les lieux où elle habitait. Sous le regard d’un curieux chat qui parle et peut la voir. Tous les locataires deviennent ses sujets. Le peintre raté que sa compagne quitte a une curieuse armoire à glace. Une suicidée au pays des merveilles prend le soleil sur le toit et découvre qu’une petite fille disparue est en fait retenue de l’autre côté du miroir. Comment la délivrer ? Ou comprendre comment cet érudit en lisant des extraits de romans en fait apparaître les personnages pour des soirées orgiaques.

Les voisins de la jeune femme, fantôme curieux, se dévoilent à elle, Émilie. Elle enquête avec la complicité du matou qui règlera ses comptes avec une mégère tueuse de ses semblables.

Sorel a bâti un univers envoûtant, tendre et violent à la fois. Le rêve et sa réalité ne font plus qu’un dans un roman fantastique, parsemé d’une pointe de surréalisme à la Cocteau. Fantasque aussi cet Hôtel Particulier, lieu de passions et de plaisirs avoués, d’amour sous les lavis de Sorel qui laissent transparaître tendresse et sensualité. Une beauté subtile des textes et de ses images qui se déroulent aussi sous forme de drame dont l’amour vaincra. Un album qui mérite le succès par la beauté de sa forme et de son fond. Guillaume Sorel se fait trop rare.

Hôtel Particulier, Casterman, 17 €