Interview : Fred Marniquet de Sherlock Holmes à Buck Danny Classic et Spirits of Scotland

Il était l’invité du dernier Festival BD de Sainte-Enimie en Lozère. Une première pour Frédéric Marniquet avec lequel on a pu revenir sur une carrière bien remplie. Polars, aviation avec le scénario de Buck Danny Classic, Sherlock Holmes, et des projets dont Spirits of Scotland qui sortira en octobre, Fred Marniquet, auteur complet, sait aussi bien écrire que dessiner. Ligneclaire.info l’a rencontré. Un auteur sympathique et efficace. Propos recueillis par Jean-Laurent TRUC.

Frédéric Marniquet
Fred Marniquet à Sainte-Enimie. JLT ®

Fredéric Marniquet, faites nous un retour sur votre carrière d’auteur.

J’ai commencé en 2001 avec la série Scott et Hasting qui se passait en Angleterre à l’époque Victorienne. Je faisais scénario et dessin dans un esprit très ligne claire, la BD que j’aime, celle d’Hergé et Jacobs. Ensuite j’ai enchaîné sur pas mal de séries comme Mystère en Birmanie qui est un hommage au cinéma hollywoodien, puis Les Démons des Carpathes en trois tomes avec Philippe Chanoinat au scénario. Entre temps, j’avais aussi fait la Brigade de l’Étrange, une série policière en France toujours avec Chanoinat. Il y a eu aussi les quatre tomes des archives secrètes de Sherlock Holmes.

Toujours au dessin et scénario ?

Co-scénario avec Chanoinat, mon vieux complice depuis longtemps.

Les Archives secrètes de Sherlock HolmesPourquoi justement cette envie de traiter une aventure avec Sherlock Holmes ?

C’est une passion depuis toujours. Je suis venu à la littérature avec Conan Doyle. Le Chien des Baskerville a été l’un de mes premiers livres et il y avait tout dedans, tout ce qui fait mon univers, le côté polar, le fantastique, l’atmosphère. Une ambiance remarquable que l’on trouve dans le film de Peter Cushing avec Christopher Lee. Il y a eu quatre tomes chez Douze Bis puis chez Glénat mais j’y reviendrai sûrement. Je referai du Sherlock Holmes en adaptant les romans de Doyle. Il y en a qui m’inspirent beaucoup.

On voit en effet avec des séries TV comme Sherlock ou Elementary que le public est toujours fidèle à Holmes.

C’est mystérieux. Il y a quelque chose qui se dégage de ce personnage et qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans la littérature. Holmes est fascinant avec ses failles, drogué, méprisant même avec Watson. Il est très moderne en fait.

Et après Sherlock ?

C’est la rencontre avec Alex Paringault. On a fait une série sur la Brigade du rail, un polar dans les années soixante chez Zéphyr. Puis j’ai intégré à partir du troisième Buck Danny Classic dessiné par Jean-Michel Arroyo l’équipe pour co-signer scénario avec Fred Zumbiehl. On travaille à deux sur le scénario.

Les Aventures de Buck Danny "Classic"L’aviation, c’était un milieu connu pour vous ?

Non. J’essaye de m’informer et c’est là où Fred Zumbiehl est important, ancien pilote aéronavale. Il a la crédibilité que je n’ai pas.

Le dernier Buck Danny Classic c’est la Guerre froide, une première. Comment avez-vous fait le choix de cette époque ?

Souvent on part sur deux trois thèmes, on en choisit un. On est en train de travailler sur la suite. On fait le découpage à deux. La suite devrait se passer dans les années soixante mais aux USA. A déterminer.

Dans le dernier Danny Classic on voit le retour de Lady X et de Slim Holden.

On essaye de s’intercaler entre deux albums de Charlier et Hubinon. C’est le but du jeu.

Comment vous partagez-vous le scénario avec Zumbiehl ? Vous, c’est plutôt les ambiances ?

Oui, j’apporte mon style dans la narration avec la partie au sol, l’espionnage. La partie romanesque. Fred c’est la partie aérienne, technique mais on échange en permanence.

Spirits of ScotlandVous avez aussi un nouveau projet Frédéric Marniquet, Spirits of Scotland ?

C’est une nouvelle série qui se passe encore à l’époque victorienne qui me passionne toujours. Je reviens à l’esprit de mes premières séries et j’y apporte le côté fantastique et polar avec une ambiance noire. Celles des grands films classiques qui m’ont marqué. Je signe scénario et dessin et c’est une édition sur souscription avec les éditions Bruce et Wallace que j’ai créé. Je n’ai proposé le projet à aucun éditeur parce que je voulais la faire à ma façon, la gérer et sortir un album par an. L’album est très largement financé et sortira fin octobre. Ensuite j’ai d’autres projets chez de grands éditeurs comme scénaristes. Dans l’historique début XIXe pour un projet et pour les autres travailler sur des grandes périodes de l’Histoire.

Qu’est-ce qui a motivé cette envie chez vous de faire de la BD ?

Je crois simplement que c’est venu du fait que j’ai eu un accident très jeune et que je suis resté allongé sur un lit. On m’a offert le Tintin Coke en stock que j’ai lu dix fois à l’hôpital. J’ai trouvé ça extraordinaire qu’on puisse apporter du rêve à des gens dans des situations difficiles. Mais même enfant à l’école quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard je répondais dessinateur de BD. Et voila. Mais ce n’est pas toujours simple aujourd’hui.

Dédicace de Frédéric Marniquet