Non, ce n’est pas vraiment Peau d’Âne revisité. Encore que Stéphane Fert ne se cache pas d’avoir été inspiré par le célèbre conte dont la belle Catherine Deneuve avait fait un succès à l’écran. Cette fois c’est un petit prince perdu dans une forêt qui va chercher l’amour et trouver bien des ennuis. Un asticot comme le qualifie la reine des fées beaucoup sorcière, modèle d’humour grinçant. On suit sans sourciller le jeune homme sur les traces de la belle qui va se réfugier chez un roi fou d’elle. La suite est une aventure bouillonnante et envoûtante. Une vraie réussite.
Elle ne va pas avoir la paix longtemps la jolie Ronces avec un père incestueux, mais comme elle a un sacré caractère ça va chauffer. Elle va tomber sur le beau jeune homme, le prince Lou, philosophe en diable. La suite n’est pas aussi simple qu’il pourrait y paraître. Ce qui fait tout le charme de ce conte à la fois charmant et épique, fantastique avec sa peau qui recouvre Belle et ses dents pointues. Une histoire d’amour, pleine de rebondissements, de coups de théâtre, un dessin et des couleurs superbes, qui donnent aux images un pouvoir charmant parfait pour ce sujet. Il y aussi de la poésie dans ce conte, de la tendresse. On a aimé la princesse de Trou-Perdu-en-Cambrousse et la formule « plus on rentre dans le moule, plus on ressemble à une tarte ». Et puis une fin inattendue, sacré Margot. Un très joli voyage enchanté et enchanteur
Peau de Mille Bêtes, Delcourt, 18,95 €
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