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Le Baron fou, l’épopée de Roman Von Ungern-Sternberg

Rodolphe persiste et signe, bien. Avec Le baron Fou prévu en deux tomes, après Centaurus avec Léo ou Robert Sax, il ajoute cette fois à son palmarès une histoire d’amour et de feu qui a pour cadre la lutte entre Blancs et Rouges après la révolution bolchévique en Russie. Une jeune femme médecin et un baron dont le modèle est Gengis Khan vont voir leurs routes se croiser en pleine tourmente. C’est Michel Faure qui a dessiné avec tout le talent qu’on lui connaît, son amour des grandes et belles fresques, des personnages à gueule, cette chevauchée fantastique sur la neige glacée de Mongolie.

Au début des années cinquante en Angleterre, une mère raconte à sa fille comment en 1920 elle a rencontré le Baron Fou, Roman Von Ungern-Sternberg. Passagère d’un train blindé, à la recherche de son mari officier allemand disparu, Elisabeth Von Ruppert est invitée de force par le baron Sternberg dans ses cantonnements. Il va se confier à Elisabeth et lui avouer que son but est de rétablir l’empire de Mongolie avec l’aide d’alliés disparates comme la France ou les Allemands voire les Japonais. Pour l’heure rien ne lui résiste et il fait régner la terreur. Le baron s’empare d’un autre train blindé et raconte à Elisabeth comment il en est arrivé à se battre contre les Rouges qui ont tué sa femme et sa famille. Elisabeth est touchée par les aveux du baron et le suit dans ses combats, témoin de sa fureur et de sa démesure.

Il y a un souffle épique, c’est vrai, dans ce Baron Fou qui n’est pas sans rappeler pour le cadre et les moyens décrits un certain Corto Maltese en Sibérie. La comparaison s’arrête là. Car le baron fou ou sanglant, noir, c’est selon, a vraiment existé. Son rêve d’empire aussi qui arrangeait bien les puissances occidentales face aux Rouges bolchéviques. Rodolphe remet les choses en place et lui donne à juste titre une part d’humanité plus conforme au personnage même si, dans le contexte de l’époque, la cruauté et le jusqu’au boutisme était de mise. Il est magistralement dessiné par Michel Faure qui le fait vivre au bout de son crayon avec une rare présence.

Le Baron Fou, Tome 1, Glénat, 13,90 €

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