
C’est sûrement l’un des personnages majeurs de la littérature anglaise mis en scène par ce bon William Shakespeare dans Henri IV et Les Joyeuses Commères de Windsor. Un bon gros diable truculent, prêt à tout, hâbleur et grande gueule qu’Orson Welles a joué dans son film de 1965. Sur une idée et le très bon dessin de Goho, un scénario de Pierre Boisserie, le chevalier Falstaff fait ses débuts en BD et on n’est pas déçu du voyage. Une page d’Histoire et une tragi-comédie très écrite et fidèle, ce Falstaff a toutes les qualités que l’on aime trouver dans un album avec en prime une vraie valeur littéraire. Couleurs d’Isabelle Merlet et Jean-Jacques Rouger

Juillet 1399, le noble Bolingbroke duc de Lancaster, exilé, revient en Angleterre. Il est attendu par Northtumberland et son fils Harry surnommé Hotspur. Direction le château de Berkeley résidence du duc d’York. Pas content le duc. Bristol Castle, le champ de bataille jonché de cadavres est pillé par Pistol et Jack Falstaff. Bolingbroke le remarque car il l’a appellé roi. Alors que lui ne veut que la fin de son bannissement et ses terres. Hotspur lui ferait bien la peau mais la guerre civile entre les Percy et les Lancaster va semer la panique. A Londres trois ans plus tard deux chenapans pour fuir qui le le guet se cachent dans la chambre de Falstaff. Le shérif les cherchent. Mais Falstaff veut les rançonner d’autant que l’un d’eux est le Prince de Galles, Harry Bolingbroke, futur roi. Il l’accompagne au château mais Harry appellé aussi Hal ne lui montre aucune reconnaissance. Le roi attend son fils. Le pays de Galles se révolte et l’invasion de Percy en Ecosse. Le Prince de Galles souhaite qu’on rende ses terres à Glendower pour s’en faire un allié. Mais le roi l’envoie faire campagne contre les Gallois avec Hotspur et Mortimer. Jack Falstaff rejoint Hal qui le prend avec lui pour la guerre. Menteur, fanfaron, Falstaff essaye de sauver sa vie alors que Mortimer est fait prisonnier. Hal a perdu la bataille et craint le rejet de son père roi Henry IV d’Angleterre qui méprise sa vie de débauché.

Un escroc Jack Falstaff qui n’est jamais dépassé par les évènements entouré d’une palette de personnages arrivistes et sordides. Il se sort du pire et donne sa version édulcorée et dans laquelle il passe pour un héros. Hors normes et hors du commun, Jack Falstaff se lit quand même comme une pièce de théâtre illustrée. Boisserie a su maintenir la force du texte. On ajoutera qu’il faut savoir prendre son temps pour bien en assimiler toutes les subtilités. Pour un public averti si l’on peut dire car on n’est pas dans de la BD de diverissement. Tout en étant un plaisir de découverte.
Falstaff, 144 pages, Delcourt, 26,90 €

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