L’Impudence des chiens, à moi comte deux mots

Du Rabelais au XVIIe siècle qu’aurait pu illustrer Dubout, L’Impudence des Chiens est un conte savoureux qu’a mis en presque vers Aurélien Ducoudray (Maïdan Love) Molière associé à Corneille sur ce qui pourrait être une vieille idée de Villon pour les Liens sacrés du mariage, le scénariste a réussi un assemblage parfait, pimenté, souriant que Nicolas Dumontheuil (Pas de pitié pour les Indiens) a lui illustré avec légèreté. Un jugement de Dieu pour la cause du sexe et de la procréation réunies, un comte fort marri, une comtesse fort jolie, un marquis près du lit et des juges ou médecins prêts à tout, il y avait très longtemps qu’on n’avait pas été aussi agréablement surpris par une nouveauté à l’humour efficace.

L’Impudence des chiens

Quatre actes vont-ils suffire pour cette tragédie qui flirte avec la comédie ? Au clair de la lune, le bon et vigoureux marquis a été mandaté par le comte de Dardille qui a un soucis. Son épouse comtesse Amélie de Figule n’a jamais eu à vivre le bonheur conjugal. Vierge et belle elle est, et restée Ce qui lui fait chagrin et l’a obligée à saisir le tribunal pour lui imposer l’épreuve du congrès. Tout nus devant la foule et les juges il va devoir honorer sa belle sinon il perd fortune et terres. Mais malgré cette terrible menace le comte est toujours impuissant. Seule sa gloire militaire le passionne et ses petits soldats de plomb. Le marquis va tout tenter pour relancer la machine. Il traîne le comte dans les plus belles maisons de passe aux menus savoureux, dans des réunions très épicées. Rien n’y fait. Et la comtesse commence à se dire que refaire sa vie riche qui plus est ce ne serait pas si mal.

L’Impudence des chiens

Alors qu’en sera-t-il du destin de ce couple ? Le congrès qui contrairement au film ne s’amuse pas du tout va tester attributs, chasteté et demander des actes. Enfin au moins un. Ne pas en dire une strophe de plus, le suspense doit régner sur l’issue. Dardille le soldat téméraire deviendra-t-il un conquérant devant les yeux écarquillés du Congrès et du public ? Allez savoir, le marquis est un maître en la matière. Un moment vraiment joyeux, bien écrit.

L’Impudence des chiens, Delcourt, 19,99 €

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