Sales mômes, sales vieux, noir c’est noir

Un bébé n’est jamais qu’un futur vieillard, et quand on a été un sale môme dans tous les sens du terme, pas de raison de ne pas devenir un sale vieux. En partant de ce principe finalement incontournable, Mathilde Domecq désormais berlinoise (elle a bien fait) et James au scénario se sont offerts comme modèles plusieurs générations de baby-boomers en recherche d’Ehpad, de bébés souriants mais caractériels, de parents dépassés qui savent qu’avec une moyenne de vie en hausse ils vont devoir gérer leurs géniteurs gâteux. Tout ça pour en faire des pages gags noires à souhait, pas si décalées en vérité on vous le dit. N’oublions pas que si d’aucuns ont eu des parents très jeunes, dans la vingtaine, des grands-parents au début de la cinquantaine, en 2020 on oublie. De nos jours, un gamin a des chances d’avoir vingt ans quand sa mère en aura soixante. Et quarante quand elle en aura quatre-vingt. Idem pour les papas. Bon, alors ? On saisit dans quelle ambiance ils vont vivre nos petits-enfants ? Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Sales mômes, sales vieux Les enfants refusent de grandir, les grands-parents de mourir. Cernés les couples avec leurs gamins et leurs vieux. Un gosse, ça a un mauvais fond. On a l’impression que ça gazouille mais en fait il vous prend pour un jambon et se fout de vous, l’enfant roi qu’il ne faut pas traumatiser. Un enfant c’est une plaie vivante à tout âge, et surtout devenu un vieillard en presque bonne santé. De là à ce qu’ils nous enterrent, on en a connu bon pied bon œil et sans sexisme avoué, des femmes surtout. On dit ça on dit rien. Investir sur des filles, pas idiot mais opinion personnelle. Un bébé n’est pas sous garantie et difficile de les rendre. Donné c’est donné, reprendre c’est voler.

Rien ne les arrête Domecq et James. Mémé qui pue, qui colle mais elle ne bave pas comme bébé. Encore que faut voir de plus près. Des cases qui agressent, mordent et des conflits entre générations qui finiront par une bonne guerre, on vous le dit avec foire aux vieux comme dans Boris Vian. Le plaisir de la journée, déposer le marmot chez la nounou, au pire les vieux parents. Et ils les accumulent avec le trait de Domecq bien vif et acéré qui fait rire jaune, mais détend l’atmosphère. Tranches de vie à la saumure, mais rigolotes et bien pensées. On adore.

Sales mômes, sales vieux, Fluide Glacial, 9,90 €

Sales mômes, sales vieux