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Django Main de feu, un magicien sur des Nuages

Efa et Rubio avaient signé il y a trois ans un Monet inconnu remarquable. Dans leur interview on disait qu’ils avaient inauguré un nouveau genre narratif qui fait découvrir avant tout l’être humain à travers son œuvre. Le duo a récidivé avec cette fois une des plus grandes et belles figures du jazz manouche, Django Reinhardt. Une légende dont la vie aura été aussi brève que celle d’une étoile filante. Avec Django Main de feu, Efa et Rubio (dont on aime beaucoup Max les années 20 d’après Reverte) suivent pas à pas, de sa naissance à se renaissance après son terrible accident à la main, le parcours d’un homme qui avait le don en lui, le génie d’un maître des sons à la volonté farouche. Thomas Dutronc, lui aussi guitariste inspiré et fan de jazz manouche, ouvre le bal par sa préface à une aventure chaleureuse dont les notes vibrent sans cesse, superbes et divines.

En 1910, sur un chemin belge, une jeune femme Négros va accoucher. Elle aura un garçon, Django, dont le père est musicien mais aussi rapidement aux abonnés absents. Django va grandir comme la plupart des manouches, dans des zones pauvres et défavorisées sous l’autorité de sa mère, avec son frère. Il a un caractère de fer, une volonté à toute épreuve mais rejette l’école et n’a qu’un rêve jouer du banjo. Son oncle fait partie d’un orchestre réputé. Alors que Django frise la délinquance, sa mère lui offre un banjo. Sa vie va en être bouleversée. Rapidement Django adopte instrument et musique, de façon naturelle. Il finit par jouer devant l’orchestre de son oncle et éblouit l’auditoire par sa rapidité. Il initie son frère à la guitare. C’est le début d’une nouvelle vie qui, pourtant, aura une suite tragique.

On sait que dans un incendie Django sera atrocement brûlé à la main gauche, perd deux doigts. A force de courage et de souffrance, il arrivera non seulement à rejouer, mieux encore peut-être, crée un style unique souvent copié, jamais égalé et passe à la guitare. La renaissance de Django en fera une légende dont la musique n’a pas pris une ride. Il jouera avec Grapelli bien sûr mais aussi Amstrong, Dizzy Gillepsie et tournera aux USA avec Duke Ellington. Le Hot Club de France marque toute une époque mais Django meurt brutalement à 43 ans. Le jazz de Django redevient à juste titre à la mode. L’album d’Efa au dessin et Rubio, coloré, vif, profond, est à classer dans ces titres qui vous emmènent dans les nuages. Quoi de plus normal pour Django. Un dossier de 16 pages illustrées reprend en fin d’album toute la carrière de ce magicien musicien.

Django Main de feu, Aire Libre Dupuis, 17,50 €

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