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Les Esclaves oubliés de Tromelin, une exposition au Musée de l’Homme et une nouvelle édition

Les Esclaves oubliés de Tromelin de Sylvain Savoia, d’après les recherches menées par Max Guérout, Thomas Romon et leur équipe, avait été un grand moment de l’année 2015. La qualité de cet album reportage, hommage, était indéniable, écrasante. Il apportait aussi un œil neuf sur un épisode méconnu, historique et épique de l’esclavage à la fin du XVIIIe siècle. Dans le cadre de l’exposition qui se tient au Musée de l’Homme jusqu’en juin 2019, « Tromelin, l’île des esclaves oubliés », Dupuis publie une nouvelle édition de l’ouvrage. Elle a été enrichie par un dossier de huit pages de dessins inédits sur la chronologie de l’esclavage, son abolition et une nouvelle jaquette labellisée par le Musée de l’Homme. On se replonge avec émotion dans cette fresque authentique qui va mettre face à un dessin impitoyable des pauvres gens arrachés à leurs terres et sacrifiés.

On revient donc à ce jour du 31 juillet 171 où se brise sur des récifs L’Utile de la Compagnie des Indes Orientales. A son bord des esclaves malgaches raflés, un équipage, une cargaison diverse. L’île de Sable, un minuscule îlot entre La Réunion et Maurice, va être leur chance et leur piège. C’est sur cette île que débarque, de nos jours, Savoia et l’équipe de Max Guérout. Ils viennent aux sources pour reconstituer le dernier voyage de la frégate, et la survie des esclaves et marins mêlés. Ils vont construire ensemble un bateau mais seuls les Blancs pourront y monter en promettant de revenir tous les chercher. Il faudra quinze ans pour que la poignée d’esclaves qui ont survécu puissent être enfin ramenées.

L’île de Tromelin. Photo INRAP ®

On se souvient que Savoia mélangeait chronique au quotidien des recherches archéologiques couronnée de succès et reconstitution dessinée de la vie des naufragés au fil des ans. Avec un luxe de détails incroyables, il avait su faire partager espoirs, découragements, tristesse de ces abandonnés du bout du monde, innocents sacrifiés sur l’autel d’une économie et d’un racisme terrifiant. Le tout formant un journal où passé et présent se conjuguent et font acte de mémoire. Un émotion très forte se dégageait des pages. Encore plus peut-être aujourd’hui à la relecture de cet album phare. Savoia avait donné un souffle à cette aventure tragique qui se devait d’être racontée pour en garder le souvenir intact que l’exposition du Musée de l’Homme complète parfaitement.

Les Esclaves oubliés de Tromelin, Édition spéciale limitée à 777 exemplaires, Dupuis Aire Libre, 22 €

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