Macbeth roi d’Écosse, bruit et fureur

Macbeth de cet excellent Shakespeare est sûrement l’une des œuvres les plus adaptées que ce soit au cinéma, à la TV, voire en BD comme par exemple par Daniel Casenave. Cette fois c’est Thomas Day (Wika) qui en signe une mise en perspective sur un dessin flamboyant de Guillaume Sorel. La lecture de la pièce est revue, augmentée de variations et surtout donne à Lady Macbeth un rôle majeur dans la tragédie. Si les dialogues apportent le poids de l’origine shakespearienne, bien que recalibrée, le dessin, lui, fait de ce premier tome une épopée certes sanglante mais aussi d’un romantisme écrasant. Sorel est un vrai maître du 9e art.

Macbeth roi d’Écosse Il rentre d’une expédition punitive Macbeth. Il est allé secourir la famille du Mormaer de Moray dont il ne reste plus que la veuve, dame Gruoch, et ses enfants. Sur le chemin du retour flanqué de son ami Banquo, trois sorcières les attendent pour leurs dévoiler des prophéties étonnantes. Macbeth va devenir le seigneur de Moray, épousera la veuve aux mains rouges et sera roi d’Écosse. Vaste programme mais qui lui ouvre des horizons et lui rappelle comment la veuve du Mormaer a réagi à la vue de la tête du meurtrier des siens. Pas une marrante la dame avec ses mains recouvertes de sang. Revenu à la cour du roi, la prophétie commence à se réaliser. On lui offre les terres de Moray, ce qui l’oblige à prendre soin de la veuve Gruoch.

La suite, même si on en sait les grandes lignes, mérite largement d’être découverte à travers les ambiances sombres et sans pitié que Sorel a retranscrit dans son dessin et ses couleurs. Du grand art pour cette course au pouvoir sanglante, déterminée. Complot, élimination des témoins, accumulations des meurtres, rien n’arrêtera le couple fatal. Une histoire pleine de bruit et de fureur, une femme qui ose tout ce que ferait un homme. On notera la qualité de l’impression, du papier (chose rare) et du cahier graphique en fin d’album.

Macbeth roi d’Écosse, Tome 1, Le Livre des sorcières, Glénat, 16 €

Le Livre des sorcières