Le Chantier, archi le rêve ?

Une réédition qui mérite que l’on en parle, celle du Chantier de Fabien Grolleau au scénario (Peindre avec les lions) ou comment construite, bâtir une maison avec un architecte, on n’a pas dit une cage à poules, dont pour client fortuné. Avant de devenir auteur de BD après avoir été un architecte diplômé Grolleau est lucide. On conviendra que ce n’est pas banal. Chantiers, stress, délais, créations, Flora Del Sol engagé par un des maîtres de l’architecture barcelonaise arrivera au bout de son grand œuvre sur un dessin de Clément C. Fabre qui colle bien au décor (Carole). Le parcours est saisissant, de la jeune archi aux stars, aux friqués qui pinaillent, l’envers du décor est parfois grisâtre.

Le ChantierElle y va de bon cœur Flora, embauché directement par un grand nom qui lui confie un chantier luxe et volupté mais avec une propriétaire Bissaro qui a des idées très arrêtés dont virer des arbres sublimes de son terrain. Que Flora va la convaincre d’intégrer dans la construction. Elle a du caractère Flora et se frotte à son célèbre patron archi. Il y a aussi les organismes, les abrutis de service pour en arriver à ce que une architecture soit un paysage. Un parcours du combattant être archi, diplomatie en prime car la facture a toujours tendance à s’alourdir. Et souvent il faut tout refaire. Stress et Barcelone quand les travaux commencent les pièges s’accumulent. Les artisans, amis ou ennemis .

Il faut l’avoir vécu pour bien comprendre que tout est vrai dans ce Chantier, au détail près. L’architecte c’est le souffre-douleur, la victime (pas mal payée quand même). L’architecte doit choisir entre être mégalo et psychopathe. Mais bon il en faut et des fois ils ont même du talent et du génie. BD c’est bien, archi aussi. Un album à la fois savoureux et instructif.

Le Chantier, Dargaud, 21,50 €

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