Gustav Klimt et le début du Cycle d’Or

Vienne, 1907, Gustav Klimt revient dans la demeure des Bloch-Bauer qui furent parmi les rares à le soutenir et à apprécier son travail lors de l’exposition de la Sécession en 1901. En effet, lors de cette exposition, Klimt présente au publique l’une de ses œuvres « La Médecine ». Cette toile provoque un scandale sans précédent, représentant un mélange de corps féminins nus au côté de représentation de la souffrance et de la mort, l’œuvre est qualifiée de pornographique. Profondément déçu par la critique faite à son œuvre, Klimt ne renonce pas pour autant à son invention esthétique mais en choisissant de plaire à un public restreint. Figure de l’Art Nouveau viennois, Klimt a été particulièrement servi dans cet album par le dessin de Renier. Par Sidney TRUC.

KlimtPartageant son quotidien d’artiste avec les époux Bloch-Bauer, Klimt se lie peu à peu d’amitiés avec eux et en 1907, Ferdinand Bloch-Bauer le sollicite pour réaliser le portrait de son épouse, Adèle. Il promet, en reconnaissance de leurs soutiens, de la recouvrir d’or… Dans son interprétation, l’or est le symbole de la séduction, de la sensualité. Il permet la sublimation du sujet, le sacralise et lui donne un caractère d’éternité. Le portrait d’Adèle Bloch-Bauer, s’inscrit dans la période de travail de Gustav Klimt nommé le Cycle d’Or. Ce cycle débuté en 1902 marque un tournant radical dans l’œuvre de Klimt.

Cette BD de Jean-Luc Cornette, au scénario, et Marc-Renier, au dessin, nous transporte dans la vie tumultueuse du Maitre viennois. Elle retranscrit au plus juste son travail et sa démarche dans l’aboutissement de celui-ci. Entre songes hallucinés et réalité artistique fantasque, cette BD fonctionne sans à coups. Le rythme est soutenu, le découpage de l’histoire est cohérent. Le scénario retranscrit les pensées, les doutes et les angoisses de l’artiste. On peut les ressentir, se perdre dans ses délires homériques. Le dessin aux traits fins et justes met en valeur les personnages et le travail de Klimt. De quoi ravir, voire étonner tous les amateurs d’arts et en particulier les adeptes de Gustav Klimt.

Klimt, Judith et Holopherne, Collection les Grands Peintres, Glénat, 14,50 €

Judith et Holopherne