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Barbecue marseillais, tout le monde est content

Jamais vraiment retirés des affaires les vieux truands marseillais, ceux de la (belle?) époque. Les survivants se font oublier, jouent aux cartes, à la pétanque mais si on les agace ils se serrent les coudes. Danger à tous les étages. Dans Barbecue marseillais c’est un spécialiste du polar, Eric Corbeyran qui sort de sa planque François Manzoni. On a flingué et rôti un de ses anciens potes, avec sa femme. Pas content le Naple, son nom quand il était encore en activité dans le milieu. Pas avare des ses services non plus Naple, à condition que le courant passe, ce qui va être le cas avec le jeune Zinedine. En avant la musique sous le crayon de Manuel Garcia (Une Génération française) qui a traité façon comics ce scénario très franco-belge. Du solide style classique mis au goût du jour sur fond de voix off du truand retraité.

Une maison paumée dans la pinède, une piscine, des copains avec lesquels on ne parle surtout pas du passé, il se fait oublier depuis des années Manzoni. Mais quand, près de chez lui, son ami pharmacien et sa femme sont abattus et grillés dans leur voiture, une tradition devenue locale, par une bande de pas nets sauvages, il s’interpelle. D’autant que le seul témoin du barbecue est venu se planquer chez lui. Zinedine c’est sa cousine qu’il cherche et il voulait interroger le pharmacien dont le fils est son copain. C’est sous ses yeux que le couple a été enlevé. Manzoni accorde le bénéfice du doute à Zinedine avec lequel il passe un deal. On cherche la cousine à condition que Zinedine lui file les tueurs qu’il a pu identifier, des potes de sa banlieue. Manzoni remonte la piste des terreurs et avec ses copains mobilisés pour l’occasion en enlève un pour le faire parler. La seule piste, celle d’un médecin marron qui trafiquait le Subutex avec le pharmacien qui lui n’avait pas vraiment raccroché. Erreur.

Du vrai bon polar qui a du souffle. Corbeyran connait la musique et les bon ressorts de ce genre de récit. Il y a ajouté le contexte actuel du banditisme des cités marseillaises. Faut pas toucher aux idoles et on ne réveille pas l’eau qui dort. Un scénario qui à la fois innove et reste dans le classique bien ficelé. Pour le dessin de Garcia, hormis quelques petits défauts dans les visages, le ton y est, façon comics, efficace et percutant. Un album qui fonctionne parfaitement.

Barbecue marseillais, Hachette Comics, 17,95 €

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