C’est la faute à Molière, une sacrée Comédie bien française

Un album qui remet les choses à leurs places. Non la Comédie Française n’est pas la Maison de Molière. Il était mort sept ans avant sa création mais elle luit doit beaucoup. Et boum, dans leur exceptionnel ouvrage sur l’Histoire le Comédie Française, Virginie Augustin au dessin qui co-scénarise l’album avec Michaël Le Galli (L’Odyssée de Fei Wong) partent de loin et avec humour, justesse de ton et de détails. Ils font découvrir avec talent la réalité du théâtre français. On en connait heureusement quelques bribes, vie privée de Molière en tête, un coquin au coeur tendre. Sans oublier les scènes de ses pièces, ou celles de Corneille apprises par coeur au lycée. Mais, il y a toute le reste à la Comédie Française fondée en 1680, et depuis 1799 au Palais Royal, un lieu emblématique par lequel aujourd’hui encore passent nos plus grands comédiens.

Au Moyen-Âge il y a les foires, des spectacles, puis la religion impose se thèmes. Jésus roi et ses Mystères. La confrérie de la Passion vue et revue de notre seigneur Jésus aura droit au premier théâtre à Paris, à l’Hôtel de Bourgogne en 1548. C’est le début d’un cycle sans fin. On accélère avec la Comedia dell’arte italienne, Louis XIII s’en mêle avec Les Grands comédiens du roi, Corneille débarque dans la troupe du Prince d’Orange. Trois troupes permanentes en 1645 sous Louis XIV. Un certain Molière s’interroge avec sa Madeleine Béjart actrice reconnue. Jean-Baptiste Poquelin aurait dû être avocat fils du tapissier du toi. On sait la suite. Il a du succès, elle aussi, partent en tournée. Corneille l’aime bien. Le frère du roi, Monsieur, le protège. 1658 il joue devant le roi et constate qu’il est en fait un auteur de farces et de comédies, obtient sa salle, épouse Armande fille de Madeleine. Mais la comtesse d’Armagnac lui tire dans les pattes. La tragédie ou rien. Pas une vie d’être Molière qui finit par séduire le roi Soleil. Il meurt en scène et on passe à la suite en 1673.

Paris a ses théâtres, ses troupes, ses coups tordus mais les choses avancent. Armande Béjart obtient que désormais ce soit le roi qui fasse appliquer les droits des comédiens. La Comédie française voit le jour mais les ennuis ne sont pas finis. La Maintenon est proche de Jésus, vade retro la comédie. Grande Histoire et Comédie française sont liées. Les sociétaires certes mais Marivaux ira chez les Italiens de l’Hôtel de Bourgogne. La Révolution, Bonaparte, la Comédie française a ses hauts et se bas fort méconnus. Le Palais Royal l’attend et elle y restera. Un ouvrage intelligent, bien fait, à, la fois léger et riche que le trait de Virginie Augustin que l’on apprécie porte haut.

Une histoire de la Comédie française, c’est la faite à Molière, Rue de Sèvres, 20 €

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