Hippolyte, impitoyables les cow-girls

Des femmes sans foi ni loi pour ce western impitoyable signé par Clotilde Bruneau et Carole Chaland. Un patelin, Hippolyte, où il n’y a que des amazones à la détente facile et douées pour le braquage grand format. 27 filles de tout âge sont planquées à Hippolyte mais elles ont du monde aux fesses et il va falloir jouer fin si elles ne veulent pas finir au bout d’une corde. Un petit air de Godless, la série mais en encore plus radical et désespéré.

Hippolyte 1872 à Goldy Town, un beau brun annonce par télégraphe qu’il a trouvé ce qu’il cherchait. Dans un canyon inconnu, il y a une petite ville mais il prend une balle et se retrouve entre les mains d’un gang de femmes qui risquent de lui faire un sort. A Goldy Town, le maire travaille en sous-main pour les pétroleuses d’Hippolyte et leur permet de fouiller la chambre de leur captif. Elles trouvent un carnet où il a mentionné toutes les étapes de sa traque. Et le rôle de chaque femme qui sont sous l’autorité d’Abby. Mais qui est l’employeur de cet espion capturé ? La jeune Augustina veut absolument participer au prochain braquage, l’attaque d’une patrouille de l’armée qui protège un coffre bourré de dollars. Mais tout dérape et à Hippolyte débarque une ancienne du gang, Brooke.

Du drame, des Colt et des femmes qui n’ont rien à perdre. Un dessin de Carole Chaland qui marque son territoire et le genre alors que l’histoire est elle totalement atypique, bien balancée. Évident qu’il n’y a que des truand(e)s dans cette bande sauvage plus proche de Peckinpah version féminine que de Ford. Chaude brûlante l’ambiance et à Hippolyte on meurt debout mais jeune. Une belle façon de revisiter le western avec maîtrise et ambition. Un cahier graphique termine l’album.

Hippolyte, Vents d’Ouest, 19, 95 €