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Dali Tome 2, Gala pour toujours

Un séducteur qui a peur, un génie qui n’est pas fou, un amoureux transi, le pape du surréalisme, Dali c’est un tout ce qui n’est pas rien. Julie Birmant et Clément Oubrerie déclinent le Maître inoubliable dans le tome 2 d’une biographie à la fois précise et réinventée, graphiquement enlevée, joyeuse et dramatique. Aragon, Eluard, Bunuel, Picasso, et bien sûr Gala, sa Gala pas rigolote mais qui rejoint le tout, Dali exulte pas dupe en fait, très tôt conscient de son talent hors normes qu’il va cultiver tout en lui laissant aussi le champ libre pour des compositions qui ne peuvent laisser indifférent. Birmant et Oubrerie lui donne un relief qui ouvre son œuvre à tous, assez simplement, d’un trait léger et font beaucoup pour non pas réhabiliter l’homme mais lui donner sa vraie dimension.

Il est à un cheveu de la gloire Salvador. 1929, il a 25 ans, adore les femmes et est puceau. Chien en chaleur mais pas andalou, obsédé et absent de la première de son film avec Luis Bunuel au studio des Ursulines. Picasso est là. Bunuel a des cailloux dans ses poches au cas où. Un Chien andalou aurait-il le mauvais œil ? Dali est rentré en Espagne où Bunuel le suit pour lui dire que le Chien a été un succès. Breton parle de premier film surréaliste et De Noailles lui propose de faire un nouveau film. Dali fait le vide en lui et attend que ça surgisse. Beau brun qui peint pour son expo pour Goemans son galeriste. Cadaqués et Dali sont désormais célèbres. Éluard débarque avec sa femme Gala, imbuvable selon Bunuel, aux jambes moches. Dali les rejoint. Gala le prend pour le pitoyable sosie de Valentino, Magritte et sa femme, Goemans, le hibou de Dali qui fait du zèle. On se calme Salvador qui en Gala a désormais vu son idéal féminin.

La narration est parfaite, fluide tout en rebondissant sur l’essentiel, arriver à la compréhension de Dali, ou au moins en appréhender les contours. Une fois de plus seuls le duo Birmant et Oubrerie en étaient capables. Le plaisir est là, on est avec Dali, on fait presque partie de lui. Pas cuit, confit Dali, jeu des mots, des dessins aux belles couleurs sous le soleil de Cadaqués, un rire sans fin, nerveux. Une fresque très attachante, comédie où les tableaux se déclinent comme autant d’informations sur Dali. A suive Dali-Gala pour toujours.

Dali, Tome 2, Gala, Éditions Dargaud, 20 €

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