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Gotlib existe vraiment et il s’est rencontré, une leçon de vie

Alors qu’une exposition jusqu’au 20 juillet lui est consacrée au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris, Gotlib se redécouvre. Sa biographie est rééditée chez Dargaud. Il l’avait écrite en 1993. On repart sur les traces d’un petit garçon qui a vécu les heures les plus noires de notre Histoire, celles de l’occupation , de la chasse aux Juifs, de la déportation à laquelle, lui, il échappe. Gotlib s’en souviendra, homme tendre et bourré d’humour, celui qui permet de résister aux grandes injustices de la vie, en rire et nous faire rire.

J’existe, je me suis rencontré, Gotlib a repris et détourné le titre du bouquin de Froissard. Lui parlait de Dieu, Gotlib parle de lui. Gotlib est-il Dieu ou un dieu ? Grave débat impossible à trancher mais le futur auteur des Dingodossiers raconte dans sa biographie et en détail, sa famille, son enfance, enfin disons grosso modo les vingt premières années d’une vie mouvementée et qui ne cessera de l’être. On le suit d’abord galopant puis caché, sans regret, toujours avec cette fausse désinvolture qui va le caractériser, pudique, alors qu’on le prendra plus tard pour un redoutable iconoclaste. Au hasard, l’un des ses chapitres est titré une vie de dingue. Dingodossiers ? Il a même serré la main du général de Gaulle. Gotlib écrit bien. Dessiner ou scénariser on savait. Mais son côté souvenirs d’enfance à la Pagnol (un compliment) en plus tragique, non, on ne s’en doutait pas. On savait par contre, pour la génération Pilote, celle des années soixante à soixante-dix que Gotlib pouvait déclencher le rire en maniant le non sens avec un professeur Newton ou la coccinelle. Ce qui exaspérait les parents quand ils lisaient par hasard Pilote piqué à leurs enfants. A la fin de sa biographie il y a des planches où il se met en scène. Il faut les savourer. Ce qui est est un peu difficile en raison du format. Rien n’est parfait dans ce bas monde.

Gotlib existe et je l’ai rencontré à Nîmes. Aucun rapport ? C’est vrai mais c’est un beau souvenir. On ne se trompera pas quand on dit de lui que c’est un honnête homme, bourré de talent, un maître sympathique et un type humain, un très bon écrivain enfin. Dieu, vous dites ?

Gotlib, J’existe, je me suis rencontré, Dargaud, 19,99 €

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