Il est l’un des plus mythiques personnages de l’histoire du Far West. Et en BD Billy the Kid c’est celui de Morris, sale gamin perturbé auquel Lucky Luke donne une fessée. Et au cinéma il y a eu Pat Garrett et Billy the Kid de Sam Peckinpah avec James Coburn, Bob Dylan, Kris Kristofferson à ne pas confondre avec Butch Cassidy et le Kid, autre grand western, Newman et Redford sans rapport avec Billy. Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse (La Guerre) en donnent une nouvelle vision de ce héros voyou qui meurt à 22 ans et pas dans son lit, sa véritable histoire sur un trait très à la fois léger et réaliste assez unique. Parution le 26 août.

En 1877 il a 17 ans sur sa mule plus ou moins paumé dans le désert du Nouveau-Mexique. Billy tombe sur un camp où pour payer il tue sa mule et donne sa viande. Comment trouver un travail ? Agriculteurs ou vachers. Mais arrive le chef du camp, Evans, qui lui propose de travailler pour lui si il sait se servir d’un révolver et monter à cheval. Il sera un facilitateur, vaste programme que lui explique Evans meurtre possible bien sûr pour éliminer la concurrence, vol de bétail, détruire les barbelés sur la prairie (autre Luke). Mais forces se partagent la région. John Chisum (autre film avec John Wayne) grand éleveur de bétail de l’Ouest américain de la seconde moitié du XIX e siècle, James Dolan qui a un magasin prospère et un nouveau venu John Tunstall même profil que le précédent. Ils attaquent aussi les diligences. Donc Evans doit éviter tout conflit entre les trois. Mais Evans se fait piéger par le shérif Brady qui poursuit sa bande. Billy joue la carte de la diplomatie et aller en ville pour voir ce qu’il peut faire pour Evans suivie par la seule femme du gang. Chisum est venu à sa rencontre et lui parle d’un petit agriculteur installé sur ses terres avec un acte de propriété. Tunstall aussi piste Billy.

On dira que le chemin du jeune Billy est tortueux, que son personnage est un brin nunuche. Il veut savoir qui il est, pas évident. Il y a presque maldonne sur Billy qui s’embarque dans des galères impossibles. Son destin est celui d’un jeune Américain sans prétention, banal qui devient qui, en suivant l’ordre établit devient un assassin. L’album montre que c’est beaucoup plus compliqué. Le hasard y est pour beaucoup comme la simplicité intellectuelle de Billy qui finira par comprendre qu’il est manipulé. Et ce sera le tournant de sa courte vie. Le dessin a un peu de Blain mais le scénario est très dense. Les auteurs ont voulu aller au bout du sous titre de l’album, l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Une part politique aussi avec Billy à la solde des plus grands éleveurs que l’Amérique n’ait jamais connus, ou un simple gamin broyé par une société en proie au capitalisme en plein essor ? A voit si la réponse apporte vraiment quelque chose.
Billy the Kid, 240 pages, Casterman, 28 €

Articles similaires
Suite et fin de l'excellent The Nice House on the lake avec ce volume 2…
Un western d'Anthony Pastor, Billy Lavigne, sombre, presque désabusé et qui pourrait rapidement mal tourner.…
Il y aura cinq fascicules jusqu'à mai. Donc le suspense sera à son comble. The…
Le Tueur aurait-il commis une erreur ? Sa dernière cible, désignée par son copain Mariano…
Une sortie ancienne mais dont il aurait été dommage de ne pas parler. The Lion…
Après Wyatt Earp qui avait inauguré la collection West Legends, c'est au tour de Billy…
Un petit garçon transformé en chat, des gentils et méchants matous, une grosse saucisse de…
Ils sont dix triés sur le volet par leur grand ami Walter qui les a…