Don Vega, Alary et Zorro sont bien arrivés pour une très bonne histoire de famille

Pierre Alary a donné, avec son Don Vega, des origines au plus mythique des justiciers (hormis peut-être Robin des Bois), au cavalier masqué surgit de la nuit, Zorro. Il fallait oser car Pierre Alary assume tout, scénario et dessin, couleurs. On va donc savoir comment Zorro a fait son apparition (avant Disney) dans une Californie qui n’est pas encore un état américain, et cela en 1849. Il faudra au passage une guerre et un statut provisoire de république libre de quelques mois. Gomez, un méchant spoliateur qui pique les terres, vole les mines d’or, opprime les pauvres avec sa bande, a des vue sur les propriétés de la famille Vega. Don Vega fils est en Europe, à Madrid, mais il va revenir au pays car on l’a prévenu des manigances du général Gomez. Zorro est presque arrivé et cela grâce à cet excellent album de Pierre Alary.

Don Vega

Des masques noirs peints sur les murs, le baptême du fils du général Gomez qui tourne mal, Zorro serait-il prêt à agir ? Pas question pour le général Gomez et son tueur à gages Borrow d’accepter que la légende de Zorro, justicier masqué, vienne fédérer la population qu’il tient sous sa coupe. Il rachète leurs terres et la revend aux Français du coin qui ont fuit la France depuis la révolution de 1848. Pas un marrant Borrow, mercenaire aguerri, roi de l’épée. Les Zorro cagoulés se multiplient et se font trucider par Borrow. Mais les riches du coin commencent à en avoir ras le bol et se mettent à jouer double jeu. Idem pour Madame Gomez, maman d’un charmant bambin et du Père Delgado, le curé, qui va demander à Don Vega de revenir au pays si il ne veut pas tout perdre.

On garde tout le suspense élaboré, peaufiné jusqu’à la dernière image par un Pierre Alary manipulateur diabolique et metteur en scène inspiré. Son histoire tient bien la route de Monterey, les personnages sont savoureux, Bernardo entraperçu, à la hauteur de leurs rôles. Le dessin est à la hauteur de sa réputation et de son talent, vivant, enlevé pour des scènes de combats, duels, poursuites. La couverture est très forte. Que du bonheur pour les débuts du renard rusé qui fait sa loi.

Don Vega, Dargaud, 16,50 €