Bayou : merci Jeanne pour ce Heavy metal

Y a des jours où on serait pas loin de faire une erreur, voire une faute. A première vue Heavy Metal, album format comics avec sur la couverture un chevalier tout en pointes qui monte à l’échelle, ça peut laisser rêveur. En prime l’auteur a pour nom Loïc Sécheresse. Au total on peut comprendre d’avoir un petit instant d’interrogation. Erreur. Dès qu’on tourne la première page on en prend plein la vue, les oreilles (les dialogues sont complètement à l’ouest) et les neurones.

Heavy MetalJeanne d’Arc est bien une sainte. Merci à elle qui a inspiré ce morceau de bravoure échevelé à Loïc. Cet album qui compte ses exploits et sa mort, repose surtout sur les larges épaules du Sire de Lahire, bon compagnon de la Pucelle qui lui aurait bien en fait compté fleurette à la hussarde.

Or donc Jeanne, un peu hystérique mais mignonnette fait la guerre à l’Anglois et veut le bouter hors de France. On le savait. Mais on en sait moins sur la bande de joyeux égorgeurs qui l’accompagnaient hormis Gilles de Rais, futur dévoreur de petits enfants. Ce référer à Jacques Matin et son Jhen. Le héros de Heavy metal est bien La Hire, homme à femmes et à pillage mais fidèle à la Jeanne qui n’en fait qu’à sa tête et qu’il ne pourra sauver des flammes. Sécheresse mélange tout, le mystique, l’héroïque, le chevaleresque, l’érotique, en rajoute des tonnes, se fait plaisir.Délire. Et son album est un régal coloré, enlevé, paillard, dans la lignée d’un Rabelais en plus acéré bien sûr, son trait oblige.

On entre dans Heavy Metal et on aimerait ne jamais en sortir. Dessin oui, parfait et texte aussi. De l’humour à la Audiard, du lourd, du heavy qui fait dans le léger, le drôle, le savoureux. La Hire est un cas douteux au destin atypique. Sécheresse pourrait signer un Donjon. On va aller voir ce qu’il a fait d’autre. Mais son Heavy metal se suffit à lui-même. Une vraie centrale atomique qui tourne à plein régime.

Heavy metal, Bayou, Gallimard, 17,25 €