Ambre Gris, Michel Durand à bord du Belespoir

Un drame maritime, un capitaine inhumain, des baleines, et un auteur, le montpelliérain Michel Durand , au grand talent, cela donne Ambre Gris (Glénat), l’un des titres forts de la rentrée.

Ambre Gris Au milieu du XIXe siècle, l’ambre que l’on prend sur les baleines se vend une fortune. Pierre Masquelier commande un chasseur de cachalots, le Belespoir. Cruel, persuadé que seul des bains de sperme de baleine peut lui rendre sa virilité, il règne d’une main de fer sur son bateau. A ses côtés la brune Jocelyn, un jouet sexuel, seule femme. Et en prime la fille de l’aumônier du bord, l’abbé Grégoire qui sera le narrateur de ce drame sans pareil. On chasse la baleine, on la découpe, on la vide, rien ne se perd tant pis pour l’équipage auquel se joint bientôt un certain Melville qui veut écrire un roman. Il verra le calamar géant, le Kraken, attaquer le Belespoir si mal nommé. La folie guette capitaine et équipage.

Le récit de Durand frappe par son originalité, sa force et la logique impitoyable d’une époque sans foi ni loi. Et si l’écriture est déjà l’un des plus de cet album il faut y ajouter bien sûr le dessin, les traits des personnages, les scènes de chasse et d’action, le découpage flamboyant de Durand.

On est avec lui à bord de ce Belespoir oublié de Dieu, entre les mains d’un fou obsédé. Le clin d’œil à Melville et à Moby Dick, subtil en fait, est révélateur de la volonté de Michel Durand de montrer jusqu’où peut aller la folie humaine. Un premier tome éclatant et bouleversant pour cette aventure hors normes néanmoins romantique par son désespoir.

Ambre Gris, Première partie, Glénat, 13,90 €

Ambre Gris