La Maison Biscornue quand Lady Agatha Christie cache très bien son jeu

Un Agatha Christie, peu ou très connu adapté en BD c’est toujours un bonheur assuré. Avec La Maison biscornue adaptée par Frédéric Brrémaud et Alberto Zanon au dessin qui connait bien l’oeuvre de la Lady on s’offre un bijou qui va en surprendre plus un dans la collection de Paquet consacrée à Agatha et sur laquelle on avait publié un dossier dans Zoo le Mag. Et détail étonnant (Wikipédia), La Maison biscornue (titre original Crooked House) publié en  aux États-Unis, en France en 1951 fut considéré par Agatha Christie elle-même comme une de ses deux œuvres préférées, avec Témoin indésirable (Ordeal by Innocence). Il faut avouer qu’elle n’y était pas allée de main morte la dame. C’est le cas de le dire.

 

Un très bon film avec Max Irons et Glenn Close en 2019

En Egypte à la fin de la guerre Charles Hayward diplomate un brin espion rencontre Sophia Leonides et en tombe amoureux. Il veut l’épouser mais elle temporise. Elle habite Londres dans une maison qu’elle qualifie de biscornue (ndlr : qui a une forme irrégulière, présentant des saillies). Deux ans après Charles qui est le narrateur rentre en Angleterre et apprend le décès du grand-père Leonides. Il envoie ses condoléances, revoie Sophia qui doute qu’ils puissent se marier. Elle pense que son grand-père a été assassiné. Et ne doit plus quitter la maison. Le père de Charles a travaillé à Scotland Yard et il lui demande conseil. Il pense que c’est possible car la fortune de Leonides a pu faire des jaloux. En plus il avait une nouvelle épouse. L’inspecteur Tavernier chargé de l’enquête confirme qu’il a été empoisonné à l’arsenic qui a servi à remplacer son insuline. Charles détective va enquêter discrètement et débarque à la maison biscornue des Leonides où semblent se protéger tous les membres de la famille. Sophia veut la vérité et a peur. Elle lui présente les portraits de famille et il en rencontre les membres. Dont Brenda son épouse qui lui a inoculé sans à priori le savoir le poison. Amant, maîtresse ?

Une partie difficile à jouer pour Charles, un huis-clos bien sûr, et sur lequel il ne faut rien ajouter. Suspense oblige et avec Agatha Christie c’est toujours un château de cartes instable qui se bâtit. Les surprises les plus inattendues sont légion et on comprend qu’elle a peaufiné cette Maison Biscornue en se baladant dans tous les recoins des cerveaux des personnages. Qui valent le détour, nombreux et torturés. Mais la cerise sur le gâteau de Miss Christie est unique dans son oeuvre. Pas un mot de plus. N’hésitez pas, l’album est bien dessiné, découpé, ne se lâche pas un instant. Dramatique à souhait et diaboliquement maîtrisé.

La Maison Biscornue, 64 pages, Paquet, 16,90 €

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