Passeur(s), sans vergogne et intouchables

Il y a des moments où la mémoire collective balbutie, pire s’efface. Passeur(s) c’est histoire des migrants venus de Syrie confrontée à une guerre civile sans pitié. Mais la Syrie ne fait plus la Une. Par contre des réseaux existent évidemment. L’argent et les mafias sont aux commandes. Frédéric Loore et Damien Perez au scénario, Fernando Baldo au dessin signent un album terrifiante et pathétique où on n’a qu’une envie c’est que le terrain soit assaini. Un bouquin choc très intéressant et qui montre aussi notre impuissance coupable.

Il vient d’un patelin près d’Alep. Erreur si il veut sauver sa peau il doit être personne et venir de nulle part. Sinon l’Europe ce sera dans une tombe. Idem pour la jeune fille Esrin qui suit et qui porte un foulard de combattante.  On est en Turquie porte des migrants. Mousta c’est une ordure le passeur . Tous dans une grange et une inspection bientôt du patron. En Angleterre Awar accompagne des transports, soixante touristes partis du Kurdistan syrien. Ils ont passé la frontière turque. 20 000 euros de primes. Mousta le joint. Awar le boss va le rejoindre. Awar aurait eu un problème dans un entrepot de jouet. Il doit partir en avion. Il vit dans un taudis à Londres et se souvient de ses débuts avec une petite fille près de Calais. Cette fois il par en Turquie et est récupéré par un Kurde irakien Moustapha. Arrivée là où sont les touristes à qui ont fait fabriquer des gilets de sauvetage. Esrin veut s’évader. Awar achète des vêtements virtuels sur le net pour blanchir soin argent. On remonte un fleuve et elle se jette à l’eau avec un gilet qui en fait la fait couler. On la sauve mais elle va payer.

La violence est permanente, plus que crédible et c’est peut-être le plus de cet ouvrage. La découverte ou au moins la vision d’un monde ignoble avec des personnages amoraux, haineux, mortels. Des cuves de poids-lourds plein de migrants. La Syrie aujourd’hui encore est oubliée. Les migrants sont légions avec souvent l’Angleterre comme objectif. Pour le Maroc et surtout l’Algérie c’est la France et les pays bouclent les frontières. L’album propose aussi une étude sur la migration, le traffic d’êtres humains. Un phénomène aussi vieux que le monde. Là on parle de migration illégale avec des sommets liés aux conflits. Et influence-t-elle la traite des êtres humains ? Migration légale encadrée ? Il y aura toujours des passeurs.

Passeur(s), 160 pages, Dupuis, 25 €

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