Les Editions Delcourt ont 40 ans : un anniversaire et une histoire qui s’exposent

Faute de grives et de Festival 2026 la Cité Internationale de la bande dessiné et de l’Image d’Angoulême va fêter les 40 ans de Delcourt. D’où une grande exposition. « L’Aventure éditoriale – Delcourt, 40 ans au rythme du 9e art » se tiendra au Musée de la BD du 5 février au 15 novembre 2926. Un sacré bail. Depuis 1986, l’histoire des éditions Delcourt s’inscrit dans celle, plus globale, de la bande dessinée. En l’épousant, en la dessinant, en la rattrapant (parfois) et en la devançant (souvent). En puisant dans le vivier de la création hexagonale et en se tournant vers l’international, quitte à prendre des risques… souvent récompensés. Ce succès est d’ailleurs confirmé par la reconnaissance de la critique et des professionnels, comme en témoignent les nombreuses distinctions reçues au cours de ces 40 années d’édition, dont sept Fauves d’or (prix du meilleur album) au Festival d’Angoulême. Une rétrospective complète et qui montre si besoin était la variété, la talent des éditions Delcourt. Et passion d’un homme qui a su devenir un entrepreneur reconnu.

Avec au commissariat Cathia Engelbach et Victor Macé de Lepinay, on va avoir un retour en images sur sur quatre décennies  de BD ç travers un catalogue qui fait le poids. Pluralité des genres avec de l’aventure, de la fantasy, de la science-fiction et du polar, mais aussi du documentaire, de la sociologie et des récits historiques. Des sagas fleuves et des petites pépites, du patrimoine et de l’expérimentation, des contes – pour enfants ou pour adultes seulement – et des autobiographies. Sans parler comme le dit le communiqué de la diversité des styles graphiques ou narratifs, du réalisme le plus classique au dessin le plus expressionniste, suggestif ou franchement bizarre, et du gaufrier le plus rigoureux à la planche la plus éclatée ou déstructurée, quand elle n’est pas carrément percée.

Parlons un peu des auteurs avec une liste internationale du Japon aux États-Unis, en passant par la Corée, le Canada, l’Angleterre ou l’Italie, des vénérables anciens (ils vont aimer) aux petits nouveaux, des bandes de copains aux électrons libres, ils seront tous là. D’Alfred (qui signe l’affiche de l’exposition) à Marc-Antoine Mathieu (à la scénographie), de Osamu Tezuka à Alain Ayroles, de Winsor McCay à Chloé Cruchaudet, de Claire Wendling à Jérémie Moreau, de Chris Ware à Lou Lubie, de Fabrice Neaud à Patrick Sobral va y avoi rde quoi faire et se faire plaisir.

Guy Delcourt. Delcourt DR.

Le créateur maître d’oeuvre de cette réussite et  belle maison c’est lui, Guy Delcourt :  » Au cours des quatre dernières décennies, la bande dessinée a amplement débordé du lit confortable qu’elle occupait jusqu’alors. Elle s’est diversifiée, ramifiée, hybridée, féminisée… Le Groupe Delcourt s’est déployé au diapason de ces mutations qu’il a accompagnées et plus d’une fois impulsées, main dans la main avec ses auteurs. La Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image est le lieu idéal pour célébrer ces 40 années d’aventures éditoriales : par la hauteur de vue culturelle qui caractérise ses missions… mais aussi parce qu’à deux pas de la Cité, à l’École des beaux-arts, les éditions Delcourt ont découvert en 1988 un vivier extraordinaire de jeunes talents qui lui donneront son identité première. À quelques mètres encore, c’est dans l’usine désaffectée du Nil que se tiendra l’exposition historique « La Fabrique Delcourt a dix ans » scénographiée – déjà – par Lucie Lom. La suite du récit s’est écrite – et continuera de s’écrire – en lien étroit avec Angoulême, dans toutes ses composantes ». 

Une exposition en plusieurs étapes:

Nao Une aventure personnelle et collective. Les visiteurs et les visiteuses entrent dans cette exposition en faisant un bond de quarante ans en arrière. À quoi ressemblait le paysage éditorial de la bande dessinée en 1986 ? Qui était alors Guy Delcourt, 28 ans ? Comment la maison d’édition qu’il crée cristallise certaines influences et certaines intuitions en s’élargissant immédiatement à une première génération de jeunes auteurs ?  Thierry Cailleteau et Olivier Vatine, Aquablue, Bruno Chevalier et Thierry Ségur, Légendes des contrées oubliées, Christophe Gibelin et Claire Wendling, Les Lumières de l’Amalou, André Juillard, « Laisse béton » (La Bande à Renaud).

Arpenteurs d’univers et constructeurs de mondes. SF, heroic fantasy, cape et épée… Au tournant des années 1990, sous la plume de ces jeunes auteurs « maison » nourris aux œuvres cultes d’Hollywood, naissent chez Delcourt quelques grandes sagas qui seront une des marques de fabrique de la maison. Avec ces « œuvres mondes », il y a de quoi en prendre plein les yeux ! Philippe Buchet et JD Morvan, Sillage, Hub, Okko, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, De cape et de crocs, Serge Lehmann et Frédérik Peeters, Saint-Elme

Au croisement des arts. Lorsque la bande dessinée s’aventure en-dehors de ses propres frontières – ou les redessine. Littérature, peinture, musique… magie : au croisement des autres arts, le neuvième emprunte, s’inspire et inspire, s’hybride et se renouvelle. Mazan, Le Vaillant Petit Tailleur, Éric Henninot, La Horde du Contrevent Gradimir Smudja, Vincent et Van Gogh; Jean-Claude Götting, La Malle Sanderson.

Les chemins de l’expérimentation. L’arrivée d’auteurs comme Marc-Antoine Mathieu dans le catalogue Delcourt, au début des années 1990, au moment même où d’autres maisons d’édition indépendantes explorent les sentiers d’une bande dessinée qui se plaît à tordre les académismes, inaugure l’entrée dans la voie expérimentale de la maison encore toute jeune. Au fil des décennies, le sillon se creuse, accueillant des auteurs internationaux et une profusion de « bâtisseurs » d’objets-livres. Marc-Antoine Mathieu, L’Infiniment Moyen et plus si affinités dans les limites finies d’une édition minimaliste, Dave McKean, Cages, Chris Ware, Building Stories, Jean Dytar, Les Sentiers d’Anahuac.

Hellboy S’ouvrir au monde. Depuis quarante ans, Delcourt permet au public francophone de découvrir des œuvres étrangères. En défrichant ce qui sort aux États-Unis, au Japon, ou dans d’autres pays européens, mais aussi en proposant des éditions prestigieuses d’œuvres cultes. La liste des grands noms présents dans cette partie est impressionnante. Mike Mignola, Hellboy, Charles Burns, Black Hole, Alan Moore et Eddie Campbell, From Hell, Osamu Tezuka, Dororo, Taiyo Matsumoto, Amer béton.

Une bande dessinée (vraiment) jeunesse. Entre classiques de la première heure et sagas déployées autour de nouvelles héroïnes et de nouveaux héros des enfants et des adolescents, cette partie s’adresse aux visiteurs et aux visiteuses les plus jeunes qui pourront s’emparer des œuvres mises à leur hauteur – ainsi qu’aux plus grands qui oseront croquer dans la madeleine du temps. Michel Pirus, Plip la planète rectangle, Michel Plessix, Le Vent dans les saules, Patricia Lyfoung &co, La Rose écarlate, Yunbo, Seizième printemps.

Céleste Émergences, quelques parcours Delcourt. Découverte ou redécouverte de parcours singuliers au sein des éditions Delcourt : parcours d’autrices et d’auteurs émergents et confirmés qui traversent l’histoire de la maison, mais aussi parcours d’une collection, d’un collectif constitué autour de Trondheim il y a une vingtaine d’années, Shampooing. Alfred, Jérémie Moreau, Chloé Cruchaudet, Gaëlle Geniller, Panaccione.

Chroniques de Jérusalem Les yeux bien sur terre – du réalisme au réel. Aujourd’hui, le réel s’écrit aussi en bande dessinée. Si l’imaginaire reste une valeur cardinale chez Delcourt, la maison ne s’en est pas moins ouverte au reportage, à l’enquête, à l’autobiographie, à l’histoire ou encore à l’adaptation d’essais de sciences sociales. Étienne Davodeau, Les Mauvaises Gens, Fabrice Neaud, Le Dernier Sergent, Lolita Séchan, Les Brumes de Sapa; Guy Delisle, Chroniques de Jérusalem.

 

 

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