En 1914 même si la plupart de belligérants en ont, personne ne croit vraiment dans l’efficacité des sous-marins. Rien ne vaut un bon cuirassé ou autre poids-lourd des mers bardé de canon. Il faudra un coup de maître d’un capitaine allemand, un carton mémorable, pour rebattre à jamais les cartes. U-9 raconte comment l’arme sous-marine va révolutionner la notion même du combat naval. Jean-Yves Delitte accueille l’album dans sa série Les Grandes batailles navales dont il assure le scénario. On retrouve au dessin un auteur un peu oublié, Philippe Adamov dont le trait a pour moins changé depuis La Malédiction de Zener. Avec lui Fabio Pezzi. Un album historique et plein d’action à la fois.

Un cuirassé anglais coupe en deux un U-boot. Août 1914 à Danzig les U-Boot sont à quai. On charge les torpilles. La guerre a commencé. Deux officiers se préparent à partir en mission dont un, Otto Weddigen, pour Heligoland, un coin paumé. L’équipage n’est pas enthousiaste d’avoir été affecté sur ce cigare flottant sur lequel la vie n’est pas facile. Dans l’estuaire anglais de La Forth la flotte se rassemble dont Le Hogue, une antiquité. A Heligoland l’équipe des U-Boot s’entraîne, replie les antennes radio ou la cheminée en cas de plongée rapide. Pour éviter des bagarres entre marins l’amiral envoie le U-9 où il veut se faire oublier. On ne croit pas à son utilité. A Heligoland pendant son absence les Anglais ont attaqué avec 40 navires. Un carnage. Mais le U-21 a coulé un croiseur léger, le premier torpillé de l’Histoire et la Kriegsmarine finit par y croire, envoie les meutes de U-Boot à l’assaut des côtes anglaises. Et le U-9 en mer tombe sur un gibier de choix, des croiseurs cuirassés anglais, cibles parfaites dont les capitaines touchés, en plus croient, être tombés dans un champ de mine et s’arrêtent.
Un fait d’armes, trois croiseurs par le fond, dont le hasard n’est pas exclu mais l’épopée du U-9 ouvre désormais la voie à l’attaque du Lusitania en 1917 et à la première bataille de l’Atlantique, à la rade de Pearl-Harbor sous les bombes où pénètrent des sous-marins de poche japonais pour achever le travail. Touché, coulé, la torpille est plus efficace que le canon et on ne connait pas encore la grenade anti-sous marine. En 1918 l’Allemagne vaincue livrera 176 U-Boot aux Alliés et aura coulé 6394 navires marchands et une centaine de guerre. Pas mal pour un sale engin qui est devenu un démon des mers. Très bon album passionnant.
Les Grandes batailles navales, U-9, 56 pages, Glénat, 16 €
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