Le Contrat Corneille-Molière, un marché improbable

Comme le dit ce très cher Jean-Baptiste Poquelin en ouverture de Le Contrat Corneille-Molière tout ne s’est pas passé exactement comme ce que vous allez lire. En vérité il vous le dit jamais il n’a demandé au grand Corneille de lui écrire des pièces de théâtre. Tout le prouve, dont les travaux d’experst, et cela sera pourtant la base même de ce très réjouissant récit à la fois remarquablement documenté sur tout le petit monde qui gravite autour des deux monstres sacrés du théâtre français mais aussi fable enjouée divertissante à plus d’un titre. Lukino a signé un des ces OVNI qui donne un sens encore et toujours à la lecture d’une BD.

Doc dès le début Molière abat ses carte. Il aurait pensé se rapprocher du grand Corneille en 1658 alors que le Prince de Conti lui a conseillé d’aller voir ailleurs si il y était. Molière aimerait bien qu’il lui écrive une pièce, une sorte de deal. Il lui envoi une lettre. Molière et sa troupe revient à Rouen. Il y a Madeleine Béjart dont se souvient bien Pierre Corneille et de Poquelin dit Molière pas doué pour le drame plus pour la comédie. Qui dirige désormais la troupe. Pour Corneille rien ne presse. Armande fait la tête. Catherine et Marquise sont à Lyon. A Rouen Corneille corrige les éditions de ses oeuvres, en famille. Dans la rue passe la troupe qui déclame Le Cid avec Molière à sa tête. Ils vont jouer dans les tavernes où on se bagarre. Molière en profite pour livrer les tapisseries de son père. On imprime une affichette pour annoncer la représentation et Corneille arrive. Molière demande à Madeleine de se renseigner sur les salons fréquentés par Corneille. On y parle de tout et de théâtre bien sûr et Madeleine le rencontre. Oui il a bien reçu la lettre de Molière.

Flash back, rebondissements, il y a là l’esprit même de la comédie. On y retrouve des personnages bien connus, des relations anciennes elles méconnues. On adore Marquise, les amours nombreux et divers dans la troupe. Le sévère Pierre Corneille retrouve humanité et tendresse. Paris vaut bien une messe et du Corneille après tout. Ces péripéties sont joyeuses, se lisent avec délices et Lukino a un joli talent. Sauf que tout est invention. Mais attention ce n’est pas fini. Il y a une suite à venir.

Le Contrat Corneille-Molière, 160 pages, Les Impressions Nouvelles, 22 €

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