De quoi pleurer dans les chaumières et à juste titre que l’enfance et la jeunesse de celle qui deviendra Joséphine Baker, avec la Revue Nègre, le château des Mirandes, ses adoptions d’enfants abandonnés. Mais avant d’être célèbre c’est Tumpie son surnom qui est le titre de cet ouvrage émouvant sur sa jeunesse tumultueuse signé par Jean-Luc Cornette au scénario et Agnese Innocente au dessin. Ils avaient réalisé un album superbe sur Audrey Hepburn. On va parcourir des USA toujours et encore sous l’emprise de ses vieux démons racistes au début du XXe siècle. Tumpie vit dans la pauvreté la plus totale tout en conservant sa joie de vivre.

1910, une petite fille noire joue et danse dans la rivière avec des plumes. Tumpie vit avec sa mère dans un quartier mal famé. Son père est un moins que rien, au chômage. Seule sa mamie la chouchoute. Tumpie joue avec ses chiens alors que sa mère chante dans la rue avec des musiciens. Près du fleuve un type tue sa chienne Bella. Elle ramène le corps de sa chienne et son père la bat. Sa mamie la console alors que sa mère a des aventures avec d’autres hommes. 1914 à Saint-Louis. Arthur le père garde les gosses toujours sans job. Sa mère et Mamie travaillent chez les riches. Tumpie va à l’école où ses copines partagent avec elle leurs gâteaux. Elle vole des oeufs dans un poulailler. Elle adore danser et chanter. A la gare dans une locomotive elle rencontre un petit garçon Pecan Pie. Ils assistent à un meurtre. On la place dans une famille aisée, on lui apprend les bases pour tenir une maison. Elle est sensible Tumpie et sa patronne très dure, lui ébouillante les mains.

Une succession d’épreuve de pire en pire. Elle n’a pas de chaussures, subit des agressions sexuelles, aimerait que tous les enfants soient heureux ce qui plus tard conditionnera sa vie. Elle rêve de théâtre. Elle grandira, se battra pour aller sur scène. La suite avent la Revue Nègres et son succès parisien fait passer le destin de Cosette pour un gentil conte. La progression de la Baker est parfaitement racontée, vécue dans cet album au très soigné dessin. Des amours fugaces et enfin la France en 1925, Paris je t’aime.
Tumpie, Glénat, 22,50 €

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