Sibylline, escort girl pour vivre

Une histoire d’aujourd’hui ? Possible car le destin de Sibylline jeune fille n’est pas malheureusement si rare que ça. Pour arriver à vivre, faire leurs études, elles ne sont pas rares à devenir au moins provisoirement escort girl. Sixtine Dano trace avec talent le portrait, la vie, les interrogations et les doutes, les choix de Raphaëlle. Un trait en noir et blanc qui déroule un scénario bien construit, en nuances, crédible. Un passage initiatique qui aurait pu être autre, de l’adolescence perdu en force, contrainte à l’âge adulte déjà malmené.

Un hôtel, une chambre qu’une jeune fille quitte, Paris et un retour à un quotidien dans un petit studio où elle garde une boite à musique au tiroir plein de billets. Retour en arrière, elle s’installe avec l’aide de ses parents dans le studio, des courses, des bars la vie d’une étudiante et des messages ambigus sur son téléphone d’un celui d’un architecte quadragénaire qui lui fait une proposition de rencontre rémunérée. Raphaëlle est étudiante en archi. Les cours, une copine Leila, tous les bouquins ou matériels pour travailler. Chers dont un petit boulot comme serveuse dans un bar pas loin de la Sorbonne. Balades en ville avec Leila, des garçons rencontrés pour une fête, Gabriel, Armand. Julien est sympa et le couple se forme.

Plus d’argent, un choix à faire, la progression est classique et très bien décrite par l’autrice. Pas de malice, ni de dérapage sexuel, mais des soirs avec d’autres sans. La petite fille n’en demandait pas tant mais la galère s’impose et des types en profitent en parfaite connaissance de cause. Deux vies en parallèles et une sorte de complicité latente d’un copain, sur par contre 264 pages qui auraient pu être resserrées. La jeune future architecte saura-t-elle s’extraire et se libérer ? C’est toute la question de ce roman graphique actuel maîtrisé par Sixtine Dano.

Sibylline, Glénat, 22,50 €

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