Un vrai coup de cœur, l’adaptation du roman de Julien Sandrel La Chambre des merveilles. Un vrai souffle d’espoir, une bouffée d’oxygène même si on sait que c’est un beau roman, une belle histoire, une histoire d’aujourd’hui comme disait Fugain. Philippe Pelaez au scénario et Patricio Angel Delpeche au dessin ont remarquablement mis en cases et bulles le pari fou d’une maman qui veut sortir son fils du coma en réalisant ses rêves consignés dans son journal secret. On y croit du début à la fin car l’écriture est simple, les détails de cette aventure hors normes bien trouvés, scandés par un joli dessin qui appuie ces folles aventures pleines d’émotion et de tendresse.
Louis 13 ans a une maman Thelma business woman, prise par son boulot en permanence et qui le délaisse même si elle l’aime par dessus tout. Louis que sa mère vient de rabrouer dans la rue fonce sur son skate et est percuté par un camion. Coma entre la vie et la mort mais lui se sent vivant, entend tout ce qui se passe autour de lui. Les médecins sont directs. Dans un mois si il n’est pas réveillé il faudra envisager de le débrancher. Un soir en rangeant sa chambre chez eux elle tombe sur le Carnet des merveilles de Lousi où il a consigné ses rêves les plus fous. Avec sa grand-mère Mamie Odette, Thelma décide de les accomplir et de les lui raconter ensuite pour essayer de le faire sortir du coma. Le Japon où Odette la suit en douce après que Thelma ait flanqué une gifle à son patron odieux, un karaoké, une carte rare au Pokemon Center, elle parle à son fils qui entend et sait ce qu’elle fait.
Bien sûr il y aura une (belle) fin à celle balade pour la vie. Louis est la voix off du récit, parle de celle qu’il aime, de son père inconnu que sa mère devra retrouver. Des rêves fous à réaliser pendant lesquels Thelma fera des rencontres et se ré-ouvre elle-aussi à la vie. Une rédemption à plus d’un titre cette Chambre des merveilles, celle de la mère et de son fils qu’elle va tout faire pour qu’il naisse une seconde fois, regagner le temps perdu. Après le cinéma, le théâtre, c’est à la BD que s’ouvre ce roman qui fait du bien très bien adapté et qui assène une vérité que l’on oublie, profiter de la vie à chaque seconde.
La Chambre des merveilles, Grand Angle, 16,90 €
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