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Les Beaux Étés Tome 3, Saint-Étienne nous voilà avant Lyon BD Festival

Une vrai plaisir, et pas petit, quand un nouvel album de la série des Beaux Étés montre le bout de ses pages. On est au tome 3 avec cette fois une balade au début des années soixante, en 1962, pour être exact, année pas facile surtout en juillet mais c’est une autre histoire franco-française. Nos amis belges ont décidé d’aller passer leurs vacances à Saint-Étienne. Il faut le lire pour le croire. Ils sont malades ces Belges. C’est moche Saint-Étienne. Dans leur toute mignonne et neuve 4L luxe à six glaces, ils embarquent, mari, femme, enfant et beaux-parents dont la mamy un brin coincé des neurones. Sus à la nationale 7. Zidrou et l’excellent Jordi Lafebre qui sera en dédicace à BD Lyon Festival les 10 et 11 juin 2017, continuent à balader leur petite famille au gré de leurs souvenirs.

Pépète a les nerfs. Elle récure la vieille 4L familiale surnommée Mam’zelle Estérel que ses parents vendent enfin à un collectionneur propriétaire d’un carwash. D’où sa colère. Elle pourrait raconter la vie de la famille la 4L et surtout ses débuts en 1962. Madeleine donne le sein à la petite dernière Nicole et son Pierre termine sur le fil deux pages de sa BD Zagor. C’est bon. Ils peuvent partir en vacances mais ils ont des passagers, Yvette la mamie et Henry le papy un soupçon cardiaque. Quatre adultes et deux gamins dans une 4L, si vous n’avez pas essayé, ne cherchez pas. Une expérience qui marque. C’est pas la joie surtout sur les routes nationales françaises et bouchonnées de l’époque. Peu importe, les vacances avant tout, offertes par la belle-mère à Saint-Étienne. Yvette ne jure que par le Michelin. La Brasserie de la paix attend la petite famille mais papy n’a pas droit aux frites.

Le grand talent de Zidrou est d’avoir écrit une histoire où parce qu’il ne se passe rien il y a toujours quelque chose de banal mais de terriblement humain qui maintient la pression et l’attachement que l’on porte aux tribulations de la petite famille. C’est doux comme un savon Cadum, drôle et tendre. Il y a les souvenirs du papy devenu chapelier en 14 à Saint-Étienne. On ne flâne pas on visite. Yvette ne veut pas qu’on l’appelle Mamyvette. Du vécu, juré. Un roc la mamy qui a fait tourner la boutique quand papy était dans les stalags des frisés. Et puis il y a le petit secret de famille, émouvant et triste. Tout colle avec Zidrou, pas de zèle inutile, de l’authentique où chacun peut se retrouver. C’est sa force à laquelle s’ajoute gentillesse et humour. On n’en rajoute pas sur le dessin de Jordi Lafebre, la perfection même, qui fait vivre les personnages, les nourrit. On les verrait presque bouger dans les cases. Superbe.

Les Beaux Étés, Tome 3, Mam’zelle Estérel, Éditions Dargaud, 13,99 €

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