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Les Enfants du ciel, un trio avec haine passion

Desberg et Vrancken sont allés faire un tour en Égypte en pleine seconde guerre mondiale. Les Enfants du ciel, ce sont les origines du Christianisme, la création d’un état juif, les forces en présence qui vont s’opposer sur des documents exceptionnels trouvés par Alexandre, un archéologue au destin dramatique. Stephen Desberg dont on connaît toute la maîtrise scénaristique donne vraiment l’impression d’avoir pris grand plaisir à cette histoire de trio qui aura toutes les difficultés à cohabiter sans haine mais avec passion. Le dessin de Bernard Vrancken est superbe, d’un réalisme et d’une finesse tout à fait dans le ton. Et qui fera sûrement une belle expo chez Maghen.

Une tombe, des chercheurs, une belle épouse romaine qui meurt dans un accident, Alexandre va voir sa vie bouleversée en un instant. Mais la vérité c’est que sa femme Maya a été abattue par un policier italien fasciste, Donio. Il veut le tuer mais un évêque l’en dissuade. Alexandre découvre un livre précieux, le grand ouvrage d’histoire contemporaine de Jésus par Josèphe qui aurait été réécrit par l’Église en y ajoutant le Messie. 1941 en Bavière, les nazis tentent de prouver scientifiquement la supériorité des aryens. On aurait retrouvé la menorah, chandelier juif du temple de Jérusalem détruit. Un faux pour le professeur Wiesenbach. 1942 à Siwa dans le désert, Alexandre est devenu fou d’archéologie alors que se joue entre Allemands et Anglais la bataille du désert. Siwa est une ruine où il y a une nécropole. Omar va l’accompagner, ami d’Alexandre. Ils trouvent le nom de Juste de Tibériade dont Josèphe a voulu détruite l’œuvre. La bataille les rejoint, des Allemands pénètrent dans la nécropole, blessent Omar qu’Alexandre sauve avec à la main des feuillets pris dans le caveau. Omar meurt, Alexandre rentre au Caire. A Beyrouth Esther, agent soviétique du NKVD et juive suit un SS en civil, Fishtel avant de prendre contact avec lui.

Tout est en place dans ce thriller qui a un peu d’Indiana Jones, religion en prime. Stephen Desberg qui a travaillé avec Bernard Vrancken pour I.R.$ fait dans le minutieux sur 184 pages, accumule les détails qui font se mélanger grande et petite histoire. On ne va pas en dire beaucoup sur cette quête où on va trouver aussi un Palestinien aux ordres du Grand Mufti pro-nazi à qui les Allemands avaient promis d’empêcher les Juifs de s’implanter sur le territoire qui deviendra Israël. Que va-t-on découvrir sur les feuillets d’Alexandre ? Josèphe pensait que le Judaïsme était une religion mais ne devait pas fonder une nation. On rejoint une actualité toujours bien présente. On revient sur l’Holocauste. Une part aussi de sentiments pimente le tout. Vrancken a mis en images de belle façon cette aventure sur de beaux espaces bien découpées très détaillés et documentés. Du grand spectacle à la Exodus ou Lawrence d’Arabie.

Les Enfants du ciel, Éditions Daniel Maghen, 29 €

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