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Charogne, fantasia chez les ploucs

Un drame campagnard bien tordu, qui a un petit côté pagnolesque si on s’arrête sur les personnages, à la Manon des Sources, ou à la Giono, mais dans l’Aude situé dans le texte sur les contreforts des Pyrénées. Le paysage se rapproche effectivement plus de l’Ariège que de la Montagne Noire. Enfin bon, çà c’est pour les puristes. Encore que le sud de l’Aude c’est possible. Charogne est une balade sur un chemin pas carrossable et pour cause. D’autant que le chargement tenu à bout de bras par les voyageurs, c’est un cercueil qui contient le maire du village. Un curieux l’élu local dont on savait peut-être pas tout dans le patelin. Benoît Vidal au scénario, Borris au dessin et co-scénariste signent cette histoire bien sentie au milieu du XIXe siècle.

Quand il remonte de la ville, à pied, le maire du village, Joseph, avoue à Marius qu’il n’a pas pu vendre la bague qu’il lui avait confiée. Marius a une dent contre les Roussel, des histoires de famille. Chez lui Joseph retrouve son fils qui s’est blessé. Joseph décide d’aller le remplacer aux champs avec Motus. Mais en fauchant il a un malaise cardiaque et meurt. Sauf qu’il y a un problème. Il n’y a pas de curé au village depuis que les habitants ont refusé de donner de l’argent pour réparer l’église. Alors comment faire bénir la dépouille de Joseph avant de la mettre en terre ? Le curé accepte de le bénir si on lui descend le cercueil à mi-chemin. Un chemin difficilement praticable car la route est coupée et il y a de la tension entre les Roussel et les Brunelin. Malgré tout leurs fils descendront le cercueil avec Motus et Jules. Le fils de Joseph, Jean, part en éclaireur prévenir le curé à la ville. Derrière lui les quatre hommes accrochés au cercueil commencent leur périlleuse descente vers le curé.

On se doute bien que rien ne va se passer comme prévu. Il va y avoir des imprévus, des difficultés, des dérapages, des accidents et la montagne, sous des trombes d’eau, on fait mieux. Les deux scénaristes en ont mis une bonne couche ce qui fait d’ailleurs l’intérêt de cette ballade pour un cercueil, titre bien connu d’un des meilleurs Blueberry. En prime ils vont en découvrir de belles les jeunots sur leurs familles et sur le maire. On n’en dit pas plus car, si les ambiances, les décors, les trognes des personnages sont fortes avec un Borris impliqué, le suspense est aussi un élément incontournable de ce thriller qui se complique un brin à la fin, une fantasia chez les ploucs.

Charogne, Glénat, 19 €

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