Monolith, sécurité mortelle

Il fait froid dans le dos cet album, au point d’avoir du mal à tourner les pages d’une tragédie que l’on ne voit pas venir. Mauro Uzzeo et Roberto Recchioni ont fait avec Monolith un monument de l’angoisse pure dans un futur proche sécurisé à l’extrême, où l’homme n’a plus vraiment son mot à dire face à des intelligences artificielles faites en principe pour le protéger avec les siens. Et tout justement est dans les limites de cette aide imparable. C’est, mine de rien, le fond du débat par lequel nous pourrions être, ou sommes déjà, concernés. Le dessin de LRNZ est en plus d’une rare et belle efficacité, d’un réalisme sous-entendu très fort. Allez, en voiture.

Monolith Une jolie petite famille et une voiture, enfin surtout un modèle de technologie la Monolith. Un char d’assaut au profil séduisant aux ordres de son conducteur. Tout confort et défendu de toute intrusion malvenue. Un design de rêve la Monolith. Sécurité d’abord. Sandra et Carl forment un couple au bord de la rupture. Sandra a besoin de respirer même si elle a fait des erreurs. Sur un coup de tête, elle décide de s’éloigner avec son jeune fils David. Elle monte dans sa petite voiture urbaine suivie par Carl dans sa Monolith. En voulant le semer elle a un accident. Carl lui prête la Monolith qui enregistre le profil de Sandra. Désormais bien que traçable par GPS à moins qu’elle le désamorce, la jeune femme est seul maître à bord.

Stop. La suite c’est là où tout va se compliquer évidemment dans une région sinistre. Mystère et rebondissements, drame pur et dur, on s’accroche aux bras du fauteuil. Scénario diabolique et dessin flamboyant ne font qu’un. Machine et homme, femme même combat ? A voir. Et c’est bien le problème. Un thriller redoutablement efficace. On attend le tome 2 avec une impatience frénétique. Il devrait sortit très vite.

Monolith, Tome 1, Éditions du Long Bec, 18 €

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