Une réédition, celle d’un très beau récit sur la vieillesse, sur les maladies de la mémoire. Ernest doit aller dans une résidence pour personnes âgées. Ses enfants ne peuvent plus assumer sa dépendance et le début d’un Alzheimer qui progresse. Dans La Tête en l’air, Paco Roca a, avec beaucoup de pudeur et de tendresse, décrit pas à pas ce qu’est cette maladie incurable qui fait tout oublier, jusqu’aux gestes les plus simples.
Ernest aura un copain, un brin combinard, Émile qui va l’initier aux us et coutumes d’une maison de retraite. Et puis, peu à peu, Ernest va déraper mais Émile par tous les moyens essayera d’empêcher le moment fatidique, celui du passage des gens comme Ernest au dernier étage de la résidence. Milieu fermé et étape ultime avant la mort.
Il n’y a rien de dérangeant dans ce poignant moment de vie. Tout est juste, bien dit, digne. On occulte la vieillesse et la mort jusqu’au moment où les enfants devenus grands doivent affronter la réalité avec leurs parents qu’ils croyaient immortels et indestructibles. Une leçon de vie bouleversante mais si vraie. Le dessin de Roca est très ligne claire, efficace et doux pour un sujet difficile.
La Tête en l’air, Delcourt, 19,95 €
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