Spirou et Fantasio, l’intégrale de 1992 à 1998

Une intégrale qui fera date dans l’histoire du célèbre duo, Spirou et Fantasio. Les années quatre-vingt-dix ont vu, grâce à Tome et Janry, une évolution sans retour de ces personnages mythiques. Fini le côté boy-scout et souriant du Spirou de Franquin (encore que La Mauvaise tête), Spirou découvre le côté noir de la vie et que les femmes existent. L’apothéose sera La Machine qui rêve aussi bien pour le scénario que pour le dessin qui montre un Spirou mature, limite déglingué.

Spirou et FantasioL’intégrale commence par l’incontournable dossier signé par les Pissavy-Yvernault. Un bon travail de documentation, de recherche et de synthèse illustré par des Unes ou des dessins inédits. On suit avec Le Rayon noir qui permet aux auteurs de traiter de racisme latent à Champignac. C’est ensuite l’apparition de la jolie Luna et un voyage pour Luna fatale à New-York. Encore de l’humour en toile de fond pour des mafieux pas doués et leur chef Cortizone. Une drôle de famille les Cortizone qui affrontent les triades chinoises. La Machine qui rêve termine le recueil. Le dessin a évolué, Spirou et Fantasio ont du vague à l’âme. Un double et des expériences scientifiques qui tournent mal, Sophie ex-Seccotine entre dans la danse de ce thriller très noir.

Pour conclure, les premières pages du projet inachevé Zorglub à Cuba montrent qu’une page se tournait. Tome et Janry décidait de se consacrer au Petit Spirou. On peut le regretter. On ne saura pas si Spirou aurait pu encore évoluer ce qui aurait sûrement posé un problème pour conserver un public plus jeune. La formule est donc revenue à des Spirou multi-auteurs, Bravo et Schwartz étant le haut du panier.

Spirou et Fantasio, L’intégrale, Tome 16, 1992-1998, Dupuis, 24 €

L'intégrale