Un récapitulatif par le menu de la participation non négligeable du Japon au terrorisme international dans Terorisuto par Frédéric Maffre au scénario et François Ruiz au dessin. On redécouvre ce qu’on ne connaissait en fait que très peu. Le Japon est un pays à part aussi bien culturellement que politiquement, état d’esprit. Ses actions pendant la guerre en Chine ou dans le Pacifique l’ont montré. Pas de limites on ne joue pas la même partie ni dans la même catégorie.

Mars 1976 un kamikaze en avion de tourisme s’écrase dans la banlieue de Tokyo et manque sa cible Kodama criminel de guerre et nationaliste. On se souvient des suicides politiques comme celui de l’écrivain Mishima. Se développe alors un mouvement qui va étudier les actions en France dans les années 70. 68 aurait été un grand succès, De Gaulle aurait fui avec Pompidou au volant (faudrait pas trop revisiter la grande Histoire… Le discours de De Gaulle a son retour de Baden a remis les choses en place. En 68 la France était un pays riche et la CGT a eu en un mois ce qu’elle voulait, les étudiant écartés) Le Japon s’est relevé mais sous autorité d’un gouvernement pro-US. Occupation des facs en 68 puis en janvier 1969, la violence monte. Communistes, arrestations, Fusako Shigenobu est une des leaders. Hiroko Nagata ne va pas faire dans la dentelle. Il y a aussi Takeshi qui va craquer, Mieko. Pas de place pour les mous, à la japonaise. La Police veille. L’organigramme des mouvements ne fait pas non plus dans la simplicité. 1969 c’est le choix de la ligne dure.

Et ce n’est pas un euphémisme. On s’arme, on tue des policiers et le 31 mars 1971 prise d’otages dans un avion, la grande mode du terrorisme international. Shigenobu et Nagata vont être les piliers de la lutte. Tout est détaillé dans cet album qui rétrospectivement fait froid dans le dos. Une bague d’attentats par des fanatiques qui vont aussi se rapprocher de la cause palestinienne. En prime ils se tuent entre eux pour révisionnisme. L’Armée rouge japonais sera dissoute. Très bon interview final pour bien comprendre et replacer cet épisode historique qui, Japon oblige, a créé finalement l’attentat suicide héritier du kamikaze.
Terorisuto, Glénat, 22,50 €

Articles similaires
Stephen Desberg avait évoqué le sujet à Lyon dans son interview à ligneclaire.info. Enrico Marini…
Un tome 6 pour WW2.2 qui continue sur la lancée de cette uchronie de la…
Un très joli moment de chocs des cultures mais émouvant, tendre et drôle. À Nos…
Un rendez-vous inédit pour les passionnés et collectionneurs de l’univers animé japonais une passion très…
Il a ses références Stern et non des moindres. Il est un incontournable avec ses…
Un diaporama de quelques rencontres amicales et sympathiques à Angoulême, édition 2014. Ligne Claire et…
On sait que suite au second confinement, le festival de bande dessinée de Blois ne…
La seconde intégrale de la série de Carlos Giménez, Paracuellos, présente pour la première fois…